jeudi 9 juillet 2009

La prière est un miroir devant ta face, St Ephrem, IVe s


St Ephrem est né vers 306.

Il aime à développer les thèmes de la foi et de la vie intérieure.
Il est surnommé "la lyre du Saint Esprit". Son influence sur la liturgie byzantine et sur la liturgie syriaque dure encore.



La prière est un miroir devant ta face.
Que soient cernées, Seigneur, ta beauté et ta splendeur.
Que n'y ait point accès le Malin,
de peur qu'il ne laisse son empreinte et sa souillure.
Le miroir capte l'image de qui s'y profile :
Que nos pensées n'envahissent pas notre prière !
Puissent les mouvements de ton visage s'y imprimer
et que le miroir cerne ta beauté !

mardi 30 juin 2009

Retraite lectio St Marc Juillet 2009


Retraite de lectio en silence

avec la Parole dans l'Evangile de St Marc


Juillet 2009


3 jours

du samedi 11 juillet 19 h

au mardi 14 juillet après-midi

7 jours

du samedi 11 juillet 19 h au samedi 18 juillet après-midi

- lecture guidée de St Marc
- enseignement quotidien
- travail manuel, marche ou une autre activité de votre choix pour favoriser un équilibre
- adoration si vous le souhaitez chaque jour
- soutien du rythme journalier par la prière avec la communauté des soeurs Orantes de l'Assomption (offices et eucharistie)
- accompagnement quotidien.

Un beau cadre dans la vallée de Chevreuse

téléphone : 09 50 82 89 42
Monastère des Orantes de l'Assomption
Chemin de Noncienne
78830 BONNELLES

Tout doit prier en moi



décès de Mère Isabelle

le 3 juillet 1921 à Sceaux (92)


Quand on veut que l'eau coule vers un endroit défini, il faut creuser le sol pour lui donner un passage. De même, si nous voulons que nos pensées et nos aspirations soient transformées par la grâce, il faut creuser un chemin surnaturel dans nos âmes...

Ayez bien cette conviction que vous devez constamment prier... Ayez à coeur de chercher Dieu véritablement ; ne vous laissez pas aller à de petits mécontentements et à des craintes, laissez-vous pénétrer de la présence de Dieu et abandonnez-vous à lui comme à votre père. Si vous gardez des préoccupations, des désirs de paraître, de vous adonner davantage aux choses qui vous intéressent, alors vous ne creusez pas ce sentier qui doit vous conduire à l'union à Dieu.





Instructions sur l'oraison, 25 août 1917.

lundi 22 juin 2009

LA PAROLE A LA LUMIERE DES PERES DE L’EGLISE


« Ignorer les Ecritures , c’est ignorer le Christ »
disait Saint Jérôme, 342-420.

Il nous dit que la règle de Saint Pacôme prescrivait aux moines, « chaque dimanche, de ne s’adonner qu’à la prière et aux lectures. »



« Tu nous as fait pour Toi » murmurait Saint Augustin (345-430)

Il résume ainsi l’unité des Ecritures : « Dieu, qui est l’inspirateur et l’auteur des livres de l’un et l’autre Testaments, a fait, avec sagesse, en sorte que le Nouveau Testament fût caché dans l’Ancien et que l’Ancien Testament fût dévoilé dans le Nouveau. »

Il nous rassure : « C’est d’une manière cachée que Dieu parle, c’est dans le coeur qu’il dit beaucoup de choses ; une grande sonorité se produit là, dans le grand silence du coeur, quand il dit d’une grande voix : c’est moi ton salut. » et pour nous aider encore quand Dieu se tait, il dit : « Veux-tu être exaucé ? Sois pauvre. Que ce soit la détresse et non le ressentiment qui crie en toi. »

« Cherche à ne rien dire sans lui, dit Saint Augustin, et lui ne dira rien sans toi ».



« Lorsque je lis les Saintes Ecritures, c’est Dieu qui se promène avec moi dans le paradis ! » St Ambroise (339-397),






Cassien (350-432 env ) dit : « Le sens des mots ne nous est pas découvert par une explication, mais par l’expérience que nous en avons faite. Instruits par ce que nous sentons nous-mêmes, ce ne sont pas des choses que nous avons apprises par ouï-dire, mais nous en palpons pour ainsi dire la réalité pour les avoir perçues à fond. »

« C’est un regard sur Dieu seul, écrit Cassien, un grand feu d’amour. L’âme s’y fond et s’abîme en la sainte dilection et s’entretient avec Dieu, comme avec son propre père, très familièrement, dans une tendresse de piété toute particulière... »..

Saint Irénée ( mort vers 200 ) :« Il est impossible de vivre sans la vie, et il n’y a de vie que par participation à Dieu et cette participation consiste à voir Dieu et à jouir de sa plénitude... la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu Si déjà la révélation de Dieu par la création donne la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation de Dieu par le Verbe, donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu ».

lundi 15 juin 2009


suite 4/4 fin

Saint Grégoire le Grand

(v. 540-604),

pape et docteur de l'Église







4. L'homme n'est pas à la mesure de l'Esprit

Il y a disproportion entre ce que l'Esprit donne à entendre et la capacité de l'homme. Ce que l'Esprit fait voir en un instant au coeur du prophète, celui-ci ne peut l'exprimer d'un seul mot. L'Esprit-Saint lui fait voir une immensité ; la bouche de l'homme devra se multiplier pour en révéler quelque chose. La puissance de l'Esprit dépasse même la capacité des coeurs spirituels : il est le vin nouveau qui fait éclater les outres, fussent-elles neuves. Le prophète peut voir la grâce de l'Esprit-Saint à l'oeuvre dans le monde ; il voudrait bien voir sa gloire telle qu'elle est en elle­-même : c'est impossible. Tant qu'il demeure en cette vie et malgré tous ses efforts, l'homme ne peut voir la gloire de Dieu. L'Esprit ne donne de lui-même aux hommes qu'une connaissance limitée parce que leur fai­blesse ne leur permet pas de le recevoir tel qu'il est. Il se fait brise légère, mais c*est encore trop pour eux ; cette brise leur fait l'effet d'un vent violent. L'Esprit nous touche légèrement mais ce toucher nous fait chan­celer, sa lumière nous perturbe. La chair, en sa faiblesse, ne peut saisir les choses de l'Esprit ; l'homme n'est pas à la mesure des choses de Dieu ; l'être humain, conduit au-delà de ses limites pour les voir, ne peut en porter le poids, il peut en tomber malade.


5. La saveur de l'Esprit


L'Esprit-Saint est cependant réellement aussi brise légère : il sait s'in­troduire dans la conscience, s'adapter à la faiblesse de l'homme. Sa présence se manifeste comme un toucher, on pourrait dire comme une caresse. L'Esprit-saint est le doigt de Dieu

“Mais si c'est par l'Esprit de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous”, Mt 12,28.

Dieu touche du doigt le coeur des saints quand il leur donne la grâce du Saint-Esprit. Celui dont le coeur a été rempli par l'Esprit goûte la saveur des biens célestes. On ne trouve délicieuses les nourritures terrestres que si l'on n'a pas encore connu le plaisir procuré par les réalités d'en haut. Percevoir la venue en soi de l'Esprit est une expérience ineffablement savoureuse. Ceux qui se gardent des désirs mauvais font l'expérience de cette saveur intérieure par la grâce de l'Esprit-Saint en entendant les paroles des prédicateurs : cette saveur les nourrit. Quand la grâce de l'Esprit-Saint se répand en nous, elle nous remplit de miel et de beurre :
“Il ne connaîtra plus les ruisseaux d'huile, les torrents de miel et de laitage”, Jb 20,17.

Le miel qui vient de l'air (qui vient du ciel) évoque la divinité et le beurre tiré de la chair symbolise l'Incarnation ; l'Esprit du Christ en effet remplit de joie celui à qui il fait goûter la douceur de la divinité et la foi en l'Incarna­tion : la connaissance profonde de Dieu est pour l'âme une nourriture délicieuse et la grâce de l'Incarnation un onguent mystérieux. L'Esprit-Saint mérite bien son nom de Paraclet ou consolateur.


mercredi 10 juin 2009


3/4. L'expérience de l'invisible

Insaisissable, l'Esprit laisse cependant des traces de son passage, il laisse dans le coeur une expérience de l'invisible. L'Esprit a été envoyé dans nos coeurs par le Fils unique du Père pout nous donner la vie, pour nous donner la possibilité de croire à ce que nous ne connaissons pas encore par expérience. En ce sens, l'Esprit est le gage de notre héritage

“C'est en lui que vous aussi, après avoir entendu la Parole de vérité, l'Évangile de votre salut, et y avoir cru, vous avez été marqués d'un sceau par l'Esprit de la Promesse, cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de notre héritage, et prépare la rédemption du Peuple que Dieu s'est acquis, pour la louange de sa gloire”, Ep 1,13-14.

Par lui, nous ne pouvons plus douter de l’existence de l'invisible. Celui qui n'a pas encore atteint une foi aussi assurée doit faire confiance provisoire­ment à ceux qui par l'Esprit-Saint en font l'expérience.

Grégoire affirme donc deux choses qui semblent contradictoires :

1. D'une part, l'Esprit nous est donné comme témoin pour secourir notre foi parce que nous ne pouvons pas encore connaître d'expérience l'invisible. C*est une impossibilité radicale tant que dure l'encore de la vie présente. “Nous ne connaissons pas encore pleinement », dit ailleurs Saint Grégoire. Maintenant, nous avons le gage de l'Es­prit; alors, dans la patrie, nous parviendrons aux joies d'en haut. On nous donne un gage pour nous donner l'assurance qu'une promesse sera tenue et cela renforce la certitude de notre espérance.

“Lui qui nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos coeurs les arrhes de l'Esprit”, 2 Co 1,22.

“Et Celui qui nous a faits pour cela même, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit”, 2 Co 5,5.

2. D'autre part, il y a des chrétiens, qui ont déjà par l'Esprit-Saint l'expérience de l'invisible ; l'Esprit-Saint en est pour eux plus que le garant ; ils ont reçu de l'invisible une connaissance aussi assurée que l'est celle donnée par la vue dans les choses de ce monde.
Les chrétiens ordinaires ont reçu par l'Esprit-Saint la certitude de l'invisible mais ils ne le connaissent pas encore d'expérience ; ils ont déjà la certitude de son existence puisqu'ils en ont touché le gage, mais ils n'ont que l'expérience du gage, ils n'ont pas celle de la réalité elle-même.
Les mystiques par contre sont des hommes qui ont de l'invisible la certitude que donne l'expérience de la vision.

Pour la plupart des chrétiens, l'invisible est objet de foi, pour les mystiques, il est objet d'expérience, quasi de constatation.

vendredi 5 juin 2009

Retraite lectio St Marc Juillet 2009 78830 BONNELLES






Retraite de lectio en silence avec la Parole dans l'Evangile de St Marc



Juillet 2009


3 jours du samedi 11 juillet 19 h au mardi 14 juillet après-midi


7 jours du samedi 11 juillet 19 h au samedi 18 juillet après-midi


- lecture guidée de St Marc
- enseignement quotidien
- travail manuel, marche ou une autre activité de votre choix pour favoriser un équilibre
- adoration si vous le souhaitez chaque jour
- soutien du rythme journalier par la prière avec la communauté des soeurs Orantes de l'Assomption (offices et eucharistie)
- accompagnement quotidien

. Un beau cadre dans la vallée de Chevreuse

Renseignements monique.giroux@laposte.net
téléphone : 09 50 82 89 42

Monastère des Orantes de l'Assomption
Chemin de Noncienne
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lundi 1 juin 2009

St Grégoire le Grand les Voies de l'Esprit Saint

2/4

2. La venue de l'Esprit est inopinée

La venue de l'Esprit est toujours inopinée. Aussi l'Ecriture dit-elle que l’Esprit tombe sur ceux qu'il visite. L'action de l'Esprit est rapide comme celle de l'éclair ; il est présent à tous et a chacun au même moment. L'Esprit de Dieu n'a pas besoin des détours du langage humain pour se faire comprendre ; les mots qu'il emploie sont comme des paroles ; en fait une force intérieure intime à l'homme ce qu'il doit faire. C'est l'Esprit qui dit au coeur de Philippe : “Rejoins ce char”, Ac 8,29 ; c'est lui qui fait entendre à l'esprit de Pierre : “Voici trois hommes qui te cherchent. Debout, descends et pars avec eux”, Ac 10,19-20. En un instant les coeurs sont mis au courant de ce qu'ils ignoraient.

Quand l’Esprit veut instruire quelqu'un, son action ne souffre aucun retard. Il lui suffit de toucher l'esprit de l'homme; son simple toucher enseigne tout. Le coeur est changé aussitôt qu'illuminé ; instantanément il n'est plus ce qu'il était et il devient ce qu'il n'était pas.

Grégoire affirme que l'Esprit ne s'attarde pas, il ne fait que passer ; nous ne voyons l'invisible que d'une manière furtive; sa contemplation est fugace. L'Esprit vient dans tous les fidèles ; sur le Christ seul il est demeuré d'une manière permanente et unique.

“Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit: "Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint", Jn 1,33.

Chez les fidèles, il n'est pour ainsi dire que de passage ; on ne peut jouir à volonté et de manière continue des dons de l'Esprit. L'Esprit n'est qu'en visite dans les âmes. Cependant il faut ajouter que chez certains, parce que leur vie est pure, l'Esprit réside en permanence. Autre chose bien sûr est l'habitation de l'Esprit dans tous les baptisés : c'est lui qui donne la vie aux âmes et il est présent partout. L'Esprit se rend présent puis il se retire ; il est mobile, ainsi que le dit le Livre de la Sagesse.

“En elle est, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt”, Sg 7,22. L’Esprit court parmi les parfaits ; s’il quitte leur coeur, ce n*est pas pour longtemps. Il se porte même à la rencontre de ceux qui ne le connaissent pas.

mercredi 27 mai 2009

Les voies de l'Esprit Saint St Grégoire le Grand



Le Pape Saint Grégoire le Grand
écrivant sous la dictée de l'Esprit Saint
6ème-7ème siècle

le texte sera publié sur 4 semaines

1/4 Les voies de l'Esprit sont mystérieuses
2/4 La venue de l'Esprit est inopinée
3/4 L'expérience de l'invisible
4/4 L'homme n'est pas à la mesure de l'Esprit
La saveur de l'Esprit

1. Les voies de l*Esprit sont mystérieuses

Les voies de l*Esprit sont mystérieuses. On ne sait comment viennent ses dons, ni d*où, ni quand. Grégoire cite plusieurs fois le verset : “L'Esprit souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va”, Jn 3,8. Même celui qui a été illuminé par l'Esprit ne peut découvrir comment sa voix s'est introduite jusqu'à l'oreille de son coeur. Il est incapable de décrire les voies par lesquelles sa force invisible a pénétré en lui, comment il vient et comment il se retire.

Personne ne peut connaître d'avance les résultats d'ne prédica­tion ; personne ne peut prévoir dans quels coeurs entrera l'Esprit. Dieu sème dans les âmes d'ne manière incompréhensible. On ne voit pas l'ction de Dieu dans les coeurs, on ne voit pas comment il y entre, on ne connaît pas les voies qu'l prend pour les illuminer et cependant il les change. Nous voyons le résultat, nous ignorons le comment.
“Quelle voie prend la lumière pour se répandre ? » demande Dieu à Job, Jb 38,24. Cette voie est invisible à nos yeux, répond Grégoire.

La sagesse, comme l'Esprit, se répand secrète­ment dans les coeurs. La parole de l'Esprit se fait entendre sans bruit à l'oreille du coeur. C*est une parole à l'intérieur, c'est une voix qui ne fait pas de bruit mais qui donne la science au-dedans et instruit les coeurs, c'est une brise légère. Transmise sans bruit au coeur du croyant, la parole de l'Esprit est incommunicable. On peut percevoir son inspiration, non l'exprimer par des mots. N'est-ce pas le propre de l'expérience de ne pouvoir se transmet­tre ? On ne peut savoir ce qu*est une parole de l'Esprit-Saint si on ne l'a pas reçue.

mardi 19 mai 2009

St Augustin, L’Ascension du Seigneur


"Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l’Apôtre: Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut: c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.


Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi: J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel?


Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.


Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne: Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous: il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.


C’est bien pourquoi saint Paul affirme: Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas: Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit: De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête."


De saint Augustin, sermon pour l’Ascension, 98, 1-2 (PLS 2, 494-495)

Prière
Dieu qui élèves le Christ au dessus de tout, ouvre nous à la joie et à l’action de la grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen


Préparé par le Département de Théologie Spirituelle deL’Université Pontificale de la Sainte-Croix
http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010525_agostino_fr.html

lundi 4 mai 2009

Retraite lectio en juillet St Marc

Retraite en juillet avec St Marc à 78830 BONNELLES (vallée de chevreuse)

3 jours du samedi 11 juillet 19 h au mardi 14 juillet après-midi
7 jours du samedi 11 juillet 19 h au samedi 18 juillet après-midi

Renseignez-vous :

monique.giroux@laposte.net
tél : 09 50 82 89 42

St Grégoire le Grand, Accueillir les événements est une ascèse

Paroles de Dieu, amour et Esprit-Saint chez Saint Grégoire le grand, Patrick CATRY, o.s.b., éditions de l’abbaye de Bellefontaine, Vie monastique n°17, 55-57

On s’interroge souvent aujourd’hui sur l’ascèse pour en récuser certaines formes dites traditionnelles. Il y a l’ascèse que l’homme s’impose lui-même, et il y a d’autre part cette immense ascèse qui consiste à accueillir les événements. La vie des justes est remplie d’adversités : c’est une constatation, mais c’est aussi une nécessité, affirme Saint Grégoire ; nous ne pouvons retourner aux joies éternelles que par les maux temporels. Ces maux temporels ne sont pas un désavantage ni un malheur ultime ; bien au contraire, l’adversité est un gain pour ceux qui sont bien disposés : les adversités sont fâcheuses mais utiles ; elles sont une aide.

Personne ne peut être parfait s’il n’a supporté patiemment le mal que lui infligent les hommes. Pas d’Abel sans Caïn ; pas de Joseph sans ses frères qui le vendent comme esclave, etc. Ceux-là sont vraiment bons qui peuvent garder leur bonté même au milieu des méchants. Pour que la vertu de Job arrivât à son comble, il était nécessaire qu’il souffrît de la part des hommes. La vertu de patience ne peut trouver à se manifester quand tout va pour le mieux. Est patient celui qui sait garder la rectitude de son espérance et louer Dieu même quand il est accablé par l’adversité.

Dans l’épreuve, l’homme apprend ce qu’il vaut en vérité. L’épreuve nous met en question. Ce n’est plus tellement l’homme qui interroge Dieu sur le bien-fondé de l’épreuve qui lui advient ; c’est l’épreuve qui le scrute et le soupèse. Personne ne sait ce qu’il vaut si ce n’est par l’épreuve. C’est alors qu’on voit en vérité la mesure de grâce que chacun a reçue. L’épreuve démolit la façade et manifeste l’intérieur. On y apprend combien on a progressé par la grâce de Dieu et combien on est faible par soi-même. L’épreuve nous éclaire et sonde notre cœur.

Les épreuves, en nous rabaissant à l’extérieur, nous rendent prudents à l’intérieur pour garder dans le silence les dons reçus… L’adversité a le pouvoir de transformer l’homme, de le renouveler intérieurement alors que l’extérieur pâtit ; et plus il souffre au dehors, plus il est comblé au-dedans des lumières de la vertu.
‘Encore que l’homme extérieur en nous s’en aille en ruines, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour’, 2 Cor 4, 16. L’adversité fortifie et l’expérience de la souffrance donne une certaine sensibilité pour compatir en vérité aux maux du prochain.

L’épreuve tend à désarçonner celui qu’elle atteint. Aussi les saints cultivent-ils une certaine prudence quand tout leur sourit, au temps de la paix et de la tranquillité. N’étant attachés à rien de ce qui est terrestre, soumis vraiment à Dieu seul, ils ne sont pas surpris par les épreuves. Ne se laissant pas corrompre par la prospérité, ils ne sont pas non plus abattus par l’adversité.

mercredi 29 avril 2009

Origène et la Parole


(v. 185 - v. 252/254)

"Moïse écrivit leurs étapes à cause de la parole du Seigneur", Nb 33,2. Il écrivit ces choses pour qu'en les lisant, nous voyions combien d'étapes nous attendent dans ce voyage vers le Royaume, que nous nous préparions à cette route, qu'à la vue du chemin que nous devons faire, nous ne laissions pas se consumer dans la paresse et l'inaction la durée de notre vie, pour que nous ne nous attardions pas dans les vanités de ce monde, pour que les jours ne s'enfuient pas ainsi, pour que le temps ne s'écoule pas sans que nous nous hâtions de couvrir la distance de ce voyage à faire, pour que nous ne défaillions pas en route, que nous ne subissions pas le sort de ceux qui ne purent arriver au bout et dont "les membres sont tombés au désert".

Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de " vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands", Le 12,18. Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme".
(Homélies sur les Nombres XXVII, 7)


A LA LUMIERE DES PERES DE L’EGLISE
« oubliant tout le reste, être disponible pour Dieu ».

« Ce n’est pas une fois seulement que mon Seigneur Jésus est venu sur terre : il est venu également à Isaïe, il est venu à Moïse, au peuple aussi et à chacun des prophètes, il est venu ; toi non plus ne crains point : même si tu l’as déjà reçu, il reviendra à toi. » dit Origène. Car la parole nous met en contact direct avec la personne de Jésus.

C’est ainsi qu’ Origène, lorsqu’il commente le Cantique des Cantiques, s’écrie : « la forme divine de Jésus n’est perceptible qu’à ceux à qui il veut la révéler et qui sont prêts à accueillir cette révélation. Lorsque l’épouse, c’est à dire l’Eglise, se convertissant à Dieu, fut dépouillée du voile qui l’enveloppait, 2 Co 3,16, elle aperçut son Bien Aimé sautant sur les montagnes - les livres de la loi- bondissant sur les collines - les écrits des prophètes- et cette manifestation est si évidente, si dépourvue de toute illusion qu’il n’est pas dit de l’Epoux qu’il apparaît, mais qu’il bondit, comme si, feuilletant les écrits des prophètes, elle avait vu le Christ s’en échapper et courir au devant d’elle, comme si, pour avoir quitté le voile qui la couvrait, elle voyait le Christ jaillir de chaque endroit du texte, s’élancer vers elle et lui manifester tout à coup une présence qu’elle ne peut plus mettre en doute. »

« la Parole de Dieu s’installe dans les entrailles de l’homme » selon Origène.
La « lectio » est écoute de la Parole de Dieu, mais surtout ouverture à une présence.

mardi 21 avril 2009

LA PEDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA

3ème partie suite des 12 convictions 12/12

9. Accueil personnel et communautaire de la Parole de Dieu. La pédagogie de la Lectio Divina nécessite un engagement et une démarche personnelles, une implication de toute la personne qui trouvera son rythme quotidien d’accueil de la Parole de Dieu, en tenant compte des contraintes de son état de vie et de sa disponibilité réelle. Démarche personnelle ne veut cependant pas dire individuelle. La Lectio Divina a en effet besoin, pour s’épanouir, d’une communauté chrétienne avec qui la foi pourra être célébrée et la Parole de Dieu, reçue personnellement, pourra être partagée. Une communauté qui se rassemble pour vivre ensemble régulièrement un temps particulier de Lectio Divina, recevant ensemble la même Parole, où tous sont conviés ensemble à ce « repas de la Parole », soutient la fidélité de chacun dans sa démarche personnelle quotidienne et permet de s’offrir réciproquement telle ou telle Parole reçue et méditée.


10. Lectio divina et lectures de la Messe. Il est évidemment possible de s’appuyer, pour la Lectio Divina, sur les lectures proposées pour la liturgie de la messe quotidienne. Beaucoup vivent déjà ainsi la prière de la Parole et avec profit. Cependant, les lectionnaires liturgiques ne sont pas faits pour constituer un programme de Lectio Divina ; il serait plus juste de dire qu’ils la présupposent et en sont le prolongement dans la célébration communautaire des mystères divins. La lectio divina a en effet, nous venons de le souligner une pédagogie propre.


11. Parole de Dieu et Eucharistie. La liturgie eucharistique ne sépare pas l’accueil du Christ dans sa Parole et dans son Corps et son Sang. La contemplation, fruit de la prière de la Parole, et la Communion eucharistique se rejoignent et se nourrissent réciproquement. Ils célèbrent la présence réelle du Christ dans la vie du croyant, ils creusent la communion, dès « aujourd’hui », dans le Christ, avec le Père. L’Eglise offre au croyant, comme le rappelle saint Jérôme, de se nourrir de la chair et du sang du Christ non seulement dans le mystère de l’autel, mais aussi dans la lecture des Ecritures. De manière pédagogique, et sans réduire la Parole de Dieu à une simple étape préparatoire et secondaire, la démarche de la Lectio Divina peut s’accomplir dans l’adoration eucharistique et, plus encore, dans la participation à la messe.


12. Marie, modèle de l’accueil de la Parole de Dieu. Marie, dans les Evangiles, est toujours très étroitement liée à l’accueil de la Parole. Elle est celle qui médite la Parole qu’elle garde fidèlement en son cœur, Lc 2,19.51 ; 8,21. Elle a été suffisamment disponible pour répondre à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta Parole », Lc 1,38 et pour porter en elle le Verbe fait chair, afin de l’offrir au monde. Enfin, la Parole de Dieu, priée, méditée, enfouie en elle, lui a donné les mots pour exprimer sa prière dans le chant du Magnificat. Lorsque le vin manque au festin des hommes, la Mère de Jésus se tourne vers les servants du repas et leur dit – nous dit – : « Faites tout ce qu’il vous dira », Jn 2,5. Au pied de la Croix, la Mère de Jésus nous (si du moins nous nous reconnaissons comme « disciples bien-aimés ») est donnée pour mère ; nous lui sommes confiés comme ses enfants, Jn 19,26-27. La prière du chapelet, par exemple, nous invitant à parcourir les mystères de la vie du Christ avec Marie, peut ainsi être priée dans le prolongement de la Lectio Divina.

samedi 11 avril 2009

Un grand silence règne aujourd'ui sur la terre, Epiphane homélie samedi saint


Saint Épiphane de Salamine,
un Père de l'Église qui vécut à Chypre au IVe siècle

Eveille Toi, ô toi qui dors
Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi
attribuée à Epiphane de Salamine

Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille.La terre a tremblé et elle s’est apaisée , parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a évéillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.

C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort . Oui c’est vers Adam captif, en même temps que vers Eve, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.

Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : "Mon Seigneur avec nous tous !" Et le Christ répondit à Adam "Et avec ton esprit." Il le prend par la main et le relève en disant : Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

"C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils ; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous.

"Je te l’ordonne : Eveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts.
Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts.
Lève-toi, oeuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image.
Eveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.
"C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ;
c’est pour toi que moi, le Maitre, j’ai pris ta forme d’esclavage ;
c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre ; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.

"Vois les crachats sur mon visage ; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

"Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

"Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

"Lève-toi, partons d’ici . L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône célèste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi.

J’ai posté les cherubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu. "Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité."

mercredi 8 avril 2009

LA PÉDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA


Suite des Douze convictions : 2ème partie sur trois


5. La Parole de Dieu est transmise dans des œuvres littéraires qui ont leur cohérence interne. Chaque texte biblique fait partie d’un livre. Il ne s’agit pas de maximes juxtaposées les unes aux autres. C’est une évidence, mais l’habitude de recevoir les textes par les seules lectures liturgiques risque de faire perdre de vue cette réalité. C’est pourquoi dans la lectio divina, il est important à s’attacher à la lecture de textes bibliques dans leur continuité. Lire, méditer et prier un livre entier, ou du moins un ensemble cohérent de chapitres pour les livres les plus longs, en une lecture continue, sans choisir les passages qui semblent les plus faciles, les plus intéressants, c’est respecter cette Parole tel que l’Esprit Saint a voulu nous l’offrir.


6. L’unité profonde de l’Ancien et du Nouveau Testament. Toute l’Ecriture est révélation et Parole de Dieu. Elle déploie de multiples manières le projet divin qui a pour but de nous offrir le salut et de nous faire contempler la merveille de l’amour miséricordieux de notre Père, manifesté en son Fils. Les deux testaments s’éclairent mutuellement, « de telle sorte que le Nouveau Testament soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé », Dei Verbum, 16. La Lectio Divina s’enrichit donc de la lecture conjointe de passages des deux testaments, afin d’expérimenter cette harmonie profonde de l’Ecriture, fruit de l’Esprit-Saint. « l’Ecriture s’interprète par l’Ecriture » , Origène.


7. Richesse de la tradition chrétienne. La Parole de Dieu ne nous parvient que par la tradition. Elle a été reçue, vécue, expérimentée, puis annoncée, transmise, donnée, comme le Christ l’avait demandé à ses disciples. Elle a été lue, relue, priée, célébrée, confessée, commentée et témoignée, sous l’action de ce même Esprit-Saint qui l’a inspirée. La lectio divina ne peut donc que s’enrichir au contact de ce que les générations successives de croyants ont puisé dans cette Parole, de ce qu’ils ont progressivement mis en lumière, de ce qui a nourri leur foi, leur espérance et leur charité. « L’Ecriture croît avec celui qui la lit », Grégoire le Grand.

8. Lectio Divina et Exégèse. Il ne faut ni confondre, ni opposer ces deux approches des textes de la Bible. L’étude et la prière de la Parole de Dieu ont leurs exigences propres, mais elles sont faites pour se compléter, unissant l’intelligence et le cœur pour que la Parole nourrisse et éclaire toutes les dimensions de notre être. L’apport de l’exégèse pourra en particulier nourrir notre méditation de la Parole, par une plus juste compréhension des expressions qu’elle reçoit dans les différents livres bibliques.

jeudi 2 avril 2009

Retraite lectio avril - avec St Paul - juillet St Marc


"Lorsque nous prions, nous parlons à Dieu,mais lorsque nous lisons, c'est Dieu qui nous parle",
Isidore de Séville



Retraites en silence avec la Parole de Dieu
Accompagnement spirituel
et enseignement
Prière liturgique avec lacommunauté des Orantes

Orantes de l’Assomption
Chemin de Noncienne
787830 BONNELLES
Tél 09 50 82 89 42

Un cadre merveilleux dans la vallée de Chevreuse

Vivre le Triduum Pascal
avec la communauté des Orantes de Bonnelles
Jeudi Saint 9 avril au dimanche de Pâques 12 avril 2009

Retraite de 7 jours avec St Paul
dans la lumière de la Résurrection
du samedi 18 avril 19 h au samedi 25 avril 2009 après-midi

Retraite en juillet avec St Marc
3 jours du samedi 11 juillet 19 h au mardi 14 juillet après-midi
7 jours du samedi 11 juillet 19 h au samedi 18 juillet après-midi

Retraite en ligne :
parcours guidé dans les Evangiles du temps liturgique
La méthode proposée prend en compte le temps dont dispose le retraitant.

Pour d’autres périodes - renseignez-vous
tél 09 50 82 89 42 monique.giroux@laposte.net

Possibilité de retraite individuelle avec accompagnement
Enseignement spirituel aux groupes qui le souhaitent
L'argent ne doit pas être un obstacle,
Si vous avez une difficulté financière
partagez-la au moment de l'inscription

mardi 31 mars 2009

LA PÉDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA


Douze convictions : Je les ferai paraître sur trois semaines


Voici les quatre premières :


1. La Parole de Dieu est une nourriture quotidienne. De même que nous nourrissons chaque jour notre corps, ainsi devons-nous accueillir la Parole de Dieu chaque jour pour que, aujourd’hui, elle continue à accomplir en nos cœurs ce qu’elle exprime. « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».


2. La Parole de Dieu est inspirée par l’Esprit-Saint. L’Ecriture porte donc une Parole vivante. L’Esprit Saint qui a présidé à l’expression de cette Parole de Dieu est le même qui nous est donné pour qu’elle fructifie dans nos cœurs. Par ses sept dons, il nous rend aptes à accueillir en vérité cette Parole. N’oublions pas, au début des temps de lectio divina d’invoquer l’Esprit Saint.

3. La Parole de Dieu demande à être accueillie comme un don. La pédagogie de la lectio divina nous aidera à creuser une disponibilité, une qualité d’écoute de la Parole de Dieu. Ne cherchons donc pas à mettre la main sur la Parole de Dieu, à la filtrer, à en faire un prétexte. Il faut l’accueillir telle qu’elle est, qu’elle nous semble facile ou non, connue ou non. Rendons-nous disponibles pour qu’elle porte aujourd’hui en nous le fruit que l’Esprit Saint veut épanouir.


4. La pédagogie divine de la lectio divina. Pour accueillir la Parole de Dieu telle qu’elle vient d’être présentée, une pédagogie est indispensable. Celle-ci, inscrite dans l’Ecriture elle-même et déployée par la tradition chrétienne, permettra au croyant d’être cette « bonne terre » (cf. Lc 8,4-15) qui pourra recevoir et faire fructifier le don de la Parole. Cette pédagogie divine nous aide à ôter tous les obstacles (pierres, ronces…, pour reprendre les images de la parabole évangélique du Semeur). Elle nous apprend à vivre la lectio divina dans la constance et la persévérance, dans la disponibilité et dans la mobilisation de tout notre être.


mercredi 25 mars 2009

Prière à Marie en temps de Carême


Quand vient pour nous l'heure de la décision
Marie de l'Annonciation, aide-nous à dire "oui"


Quand vient pour nous l'heure du départ
Marie d'Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l'Espérance


Quand vient pour nous l'heure de l'incompréhension
Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience

Quand vient pour nous l'heure de l'intervention
Marie de Cana, donne-nous le courage de l'humble parole

Quand vient pour nous l'heure de la souffrance
Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils

Quand vient pour nous l'heure de l'attente
Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière

Et chaque jour,
quand sonne pour nous l'heure joyeuse du service
Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda,
mets en nous ton cœur de servante
Jusqu'au jour où, prenant ta main,
Marie de l'Assomption,
nous nous endormirons,
dans l'attente du jour de notre résurrection.


Jean-Paul Hoch

Source : http://spiritualite-chretienne.com/

mardi 17 mars 2009

Origène le voyage spirituel



Origène (v. 185 - v. 252/254)

"Moïse écrivit leurs étapes à cause de la parole du Seigneur" (Nb 33,2). Il écrivit ces choses pour qu'en les lisant, nous voyions combien d'étapes nous attendent dans ce voyage vers le Royaume, que nous nous préparions à cette route, qu'à la vue du chemin que nous devons faire, nous ne laissions pas se consumer dans la paresse et l'inaction la durée de notre vie, pour que nous ne nous attardions pas dans les vanités de ce monde, pour que les jours ne s'enfuient pas ainsi, pour que le temps ne s'écoule pas sans que nous nous hâtions de couvrir la distance de ce voyage à faire, pour que nous ne défaillions pas en route, que nous ne subissions pas le sort de ceux qui ne purent arriver au bout et dont "les membres sont tombés au désert".
Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de " vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands", Lc 12,18. Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme", Homélies sur les Nombres XXVII, 7.

« oubliant tout le reste, être disponible pour Dieu ».

« Ce n’est pas une fois seulement que mon Seigneur Jésus est venu sur terre : il est venu également à Isaïe, il est venu à Moïse, au peuple aussi et à chacun des prophètes, il est venu ; toi non plus ne crains point : même si tu l’as déjà reçu, il reviendra à toi. » dit Origène. Car la parole nous met en contact direct avec la personne de Jésus.

C’est ainsi qu’Origène, lorsqu’il commente le Cantique des Cantiques, s’écrie : « la forme divine de Jésus n’est perceptible qu’à ceux à qui il veut la révéler et qui sont prêts à accueillir cette révélation. Lorsque l’épouse, c’est à dire l’Eglise, se convertissant à Dieu, fut dépouillée du voile qui l’enveloppait, 2 Co 3,16, elle aperçut son Bien Aimé sautant sur les montagnes - les livres de la loi- bondissant sur les collines - les écrits des prophètes- et cette manifestation est si évidente, si dépourvue de toute illusion qu’il n’est pas dit de l’Epoux qu’il apparaît, mais qu’il bondit, comme si, feuilletant les écrits des prophètes, elle avait vu le Christ s’en échapper et courir au devant d’elle, comme si, pour avoir quitté le voile qui la couvrait, elle voyait le Christ jaillir de chaque endroit du texte, s’élancer vers elle et lui manifester tout à coup une présence qu’elle ne peut plus mettre en doute. »

« la Parole de Dieu s’installe dans les entrailles de l’homme » selon Origène.
La « lectio » est écoute de la Parole de Dieu, mais surtout ouverture à une présence.

Éminent philosophe, théologien et prêtre chrétien du IIème et IIIème siècle, Origène est l'une des grandes figures de l'école d'Alexandrie dont il fut le recteur dès l'âge de dix-huit ans. Apologiste d'une rare fécondité, il mit au point une méthode d'étude de l'Ancien Testament et fut, ainsi, le fondateur de l'exégèse biblique. Ayant, par ailleurs, une vie mystique intense, il fut également l'instigateur d'une nouvelle forme d'analyse biblique. Il tenta, en effet, de dévoiler le sens spirituel des Écritures par le biais du ressenti considérant que certains passages de la bible seraient indignes d'un Dieu d'Amour s'ils devaient être appréhendés à la lettre... Origène rédigea également de nombreux traités ascétiques et fut le premier Père de l'Eglise à tenter de faire du Christianisme une philosophie mystique. Mais, accusé de dénaturer la foi chrétienne en l'imprégnant des théories néoplatoniciennes, il suscita de nombreuses controverses qui lui valurent le destin des grands martyrs. Suite à sa dernière œuvre, réfutant les attaques d'un philosophe païen, il fut cruellement torturé et mourut de ses blessures.

mardi 10 mars 2009

Dieu au terme de notre lectio

Amos parlait de chercher la parole du Seigneur, mais ajoutait-il : "on ne la trouvera pas", Am 8,11-12. La suite de la prophétie éclaire la cause d'un tel échec : le péché, les infidélités du peuple, Am 8,14. En effet comment chercher la parole de celui dont on s'écarte par toute sa conduite, comment entendre quelqu'un dont on s'éloigne ? Saint Augustin le dit d'une façon admirable au livre II des Confessions : "O ma joie lente à venir ! Tu te taisais alors, et moi je m'en allais loin, loin de toi", Conf. II,II,2.

Si Dieu nous parle, c'est pour nous rencontrer et cela n'est possible que si nous nous tournons vers lui et lui ouvrons la porte de notre coeur, car il ne la forcera jamais."Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi", Ap 3,20. Cette parole du Christ ressuscité dans l'Apocalypse est précédée d'une invitation pressante : "Moi tous ceux que j'aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi", Ap 3,19, c'est-à-dire : "Détourne-toi de tes péchés", Ez 18,27 et "reviens à moi, car je t'ai racheté", Is 44,22.

Ainsi Dieu nous aime et s'il nous attire vers sa parole (1er point), s'il nous y découvre le Christ dans l'Esprit (2è point), c'est au bout du compte pour nous unir à lui en un seul esprit, 1 Co 6,17. La lectio est ordonnée à cette union. Dans sa parole il nous offre ce qu'il faut non seulement pour le chercher mais encore pour le trouver. "Dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais. Ta parole m'a réjoui, m'a rendu profondément heureux", Jr 15,16. Et Jérémie nous donne ensuite la clé d'un tel bonheur : "Ton nom a été proclamé sur moi", c'est-à-dire, comme l'explique une note de la TOB, (cf renvoi à 7, 10), ta présence en moi s'est révélée.


La parole est un instrument puissant pour nous ouvrir à la grâce. Le prophète Osée le savait déjà : "Prenez avec vous des paroles et revenez au Seigneur", Os 14,3. Plus près de nous dans le temps, sainte Thérèse d'Avila raconte dans le livre de sa vie qu'elle avait l'habitude de se servir d'un livre comme d'une amorce pour soulever son âme (Vida 4) "Souvent même, je n'avais qu'à ouvrir mon livre et c'était assez. Quelque fois je lisais un peu, d'autres fois beaucoup, selon la grâce que le Seigneur daignait m'accorder".
En effet ce n'est pas la quantité qui compte mais la qualité, c'est-à-dire les dispositions du coeur, l'intensité du désir, la profondeur de l'écoute, la vérité de la vie... "Dis seulement une parole et je serai guéri", Mt 8,8. Il suffit souvent d'un seul mot pour atteindre l'intime de notre être, mot par lequel le Seigneur nous touche et nous renouvelle. Sans cesse rappelé il nourrira notre journée et transformera notre vie : "Parle et dis-moi : je suis ton salut", Ps 34,3.

C'est alors que la lectio, après s'être faite supplication, quête, s'épanouit en louange, en action de grâces. Quand la parole s'est faite chair en Marie, bientôt a jailli le Magnificat. A cet égard la prière des psaumes est un lieu privilégié où nous apprenons à passer sans cesse de la lectio à la prière. Dans les psaumes la parole nous est donnée pour chercher Dieu en l'implorant et le trouver dans l'exultation. La parole reçue de Dieu devient notre parole pour nous adresser à lui. "Ton meilleur serviteur, remarque St Augustin au Livre X des Confessions, c'est celui qui est plus attentif non pas à entendre de toi ce qu'il veut lui-même, mais plutôt à vouloir ce qu'il entend de toi", Conf. X,XVI,37. La lectio nous éduque à cela, à unir notre volonté à celle de Dieu, ce qui, selon Saint Bernard, est la définition de l'amour, SC 71, 6.


En résumé
Dieu est à l'origine de notre lectio : en nous attirant vers sa parole, il fait naître en nos coeurs l'espérance. Dieu est au coeur de notre lectio : en nous révélant le Christ dans l'Esprit, il fait grandir nos vies dans la foi.Dieu est au terme de notre lectio : en nous unissant à lui par l'accord de notre volonté à la sienne, il achève notre être dans l'amour.

Le dernier mot revient encore à Saint Augustin qui entendit un jour chanter d'une maison voisine : "Prends, lis ! Prends, lis!", Conf. VIII,XII,29. Et il commente : " Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ; j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix. Quand j'aurai adhéré à toi de tout moi-même, nulle part il n'y aura pour moi douleur et labeur, et vivante sera ma vie toute pleine de toi", Conf.X,XXVI,38 - XXVII,39.

abbaye-ubexy.com

lundi 16 février 2009

Dieu au coeur de notre lectio


Dès les premiers mots de la Bible nous voyons à l'oeuvre le souffle et la parole de Dieu, Gn 1,2-3 ; "par sa parole, le Seigneur a fait les cieux, et toute leur armée par le souffle de sa bouche", chantons-nous en écho au Psaume 33. Plusieurs fois dans son célèbre ouvrage "Contre les hérésies", Saint Irénée évoque ces deux mains de Dieu qui ont modelé l'homme, c'est-à-dire le Fils et l'Esprit, ou encore le Verbe et la Sagesse (Ad.Her. IV, Pr.4 ; IV 7,4 ; V 1,3 ; V 6,1 ; V 28,4). Tout cela nous montre combien la parole de Dieu est inspirée, son Verbe est rempli d'Esprit Saint sans mesure, Jn 3,34. Quand, à l'exemple d'Ezéchiel ou de Jean, nous prenons cette parole et la mangeons, Ez 3,1-30 ; Ap 10,8-10, Dieu, comme aux premiers jours de la Genèse, nous façonne, il nous transforme à l'image de son Fils et nous insuffle son Esprit de vie, Gn 1,26 et 2,7.

D'une part, en effet, la Parole de Dieu nous renvoie sans cesse au Christ. Toutes les Ecritures le concernent comme il le fera comprendre aux deux disciples d'Emmaüs, Lc 24,27.44. Il donne leur achèvement, leur plénitude de sens aux promesses faites aux patriarches, aux annonces des prophètes, à l'espérance des psalmistes : partout se découvre peu à peu son visage de Sauveur. Présence active et vivifiante qui, de page en page, vient à notre rencontre et nous appelle. Car s'il ouvre notre intelligence et fait brûler notre coeur, Lc 24,32, c'est pour que désormais et de plus en plus nous nous attachions à Lui sans retour.

Saint Athanase, évêque d'Alexandrie au IVè siècle, raconte comment saint Antoine le Grand, qu'on appellera un jour le père des moines, "entra dans une église. Il advint qu'on lut l'évangile et il entendit le Seigneur disant au riche : si tu veux être parfait, va, vends tut ce que tu as et donne-le aux pauvres, et viens, suis-moi, tu auras un trésor dans le ciel. Antoine ayant reçu de Dieu le souvenir des saints, comme si la lecture avait été faite pour lui, sortit aussitôt de l'église. Les biens qu'il avait de ses parents... il en fit cadeau aux gens du village pour n'en être pas embarrassé... Il vendit tous ses meubles et distribua aux pauvres tout l'argent qu'il en reçu ..." (Vita § 2). Ce fut pour lui l'aurore d'une vie nouvelle, toute ordonnée à l'amour du Seigneur qui, peu à peu, le conformait à lui.

Force de la parole qui nous conduit à ne plus rien préférer au Christ, Règle de st B 72,11). Entendue en Eglise ou méditée dans le secret de notre chambre, elle nous invite à renoncer à nous-mêmes et à le suivre, Mt 16,24. Cela, chaque jour, ainsi que Saint Benoît nous le rappelle : "Ecoutons d'une oreille attentive la voix puissante de Dieu qui chaque jour nous presse en disant : aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre coeur", Prol. 9 et 10. Car le temps de la rencontre est toujours au présent. Consentir à cette parole c'est recevoir le pouvoir de devenir dès maintenant enfant de Dieu, Jn 1,12. Par elle nous apprenons que "vivre, c'est Christ et mourir à nous-mêmes est un gain", Phil 1, 21.

Ainsi donc, Dieu est au coeur de notre lectio en tant que celle-ci nous ouvre à la présence agissante du Christ en nous et autour de nous. D'autre part, la parole de Dieu est aussi et en même temps, expérience de l'Esprit. L'apôtre Jean souligne à plusieurs reprises le lien entre demeurer en Dieu, garder sa parole et recevoir le don de l'Esprit. Par exemple dans sa première épître, 1 Jn 3,24 : "Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui. Par là nous reconnaissons qu'il demeure en nous, grâce à l'Esprit dont il nous a fait don", Jn 14, 23-26 et 1Jn 4, 13.

Quand la parole bouleverse notre coeur et nous donne la force de la conversion , Ac 2,37-38, c'est-à-dire de sortir de nous mêmes vers l'Autre et les autres ; quand nous laissons Dieu entrer et bousculer notre vie, c'est l'Esprit qui est à l'oeuvre pour nous recréer dans le Christ, pour nous faire renaître d'en-haut, quand bien même nous serions déjà vieux, comme Nicodème , Jn 3,4.7-8, et il n'est pas pire vieillissement que le péché, Rm 6,6. Car l'Esprit est communion, 2 Co 13,13. Il nous introduit dans la communion du Fils avec le Père, il bâtit l'unité du corps du Christ qui est l'Eglise, 1 Co 12,13 ; Ep 4,4 ; Col 1,18.

Le signe que notre lectio a vraiment rencontré le Christ dans l'Esprit est notre adhésion, notre participation renouvelée à la vie de l'Eglise. Autrement dit : ceux que Dieu a engendré par la Parole de vérité, Jc 1,18 ; 1 Pi 1,23-25, l'Esprit en fait des membres vivants du corps du Christ. La dimension trinitaire de la lectio se déploie et s'approfondit en communion ecclésiale. Dans cette optique, ceux et celles qui nous ont précédés sur ce chemin deviennent pour nous des témoins et des amis qui nous aident à y progresser à notre tour. C'est pourquoi, après la Bible, les écrits des Pères et des saints de tous les temps constituent un trésor inépuisable où chacun peut reconnaître sous des formes multiples et variées, l'unique Esprit de Dieu transfigurant l'homme à l'image du Fils bien-aimé, 2 Co 3,14-18, si du moins il y consent.

lundi 9 février 2009

Dieu à l'origine de notre lectio


Pour commencer, mettons-nous à l'écoute du prophète Amos : "Voici venir des jours, -oracle du Seigneur mon Dieu - où je répandrai la famine dans le pays, non pas la faim du pain ni la soif de l'eau, mais celle d'entendre la parole du Seigneur. On ira, titubant d'une mer à l'autre, errant du nord à l'est, pour chercher la parole du Seigneur, et on ne la trouvera pas", Am 8,11-12.


Si jour après jour nous cherchons aussi assidûment la parole du Seigneur, c'est parce que le Seigneur, d'abord, a répandu sur la terre désolée de notre coeur la faim et la soif de l'entendre. Ou encore, pour reprendre les mots de saint Paul, c'est parce que Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de son Fils qui crie vers Lui, Ga 4,5. Dès lors, chercher la parole du Seigneur revient à répondre à cet appel confusément ou ardemment perçu au plus secret de notre être. Lire la bible c'est trouver la parole de vérité grâce à laquelle vont prendre forme et visage les gémissements inexprimables de l'Esprit qui habite en nous, Rm 8,11.22-26. Ainsi Dieu, dans sa parole, prend notre langage d'homme pour que nous puissions comprendre son appel et lui répondre. Il nous attire vers elle pour se révéler à nous.
De là découle l'importance de l'écoute, d'une écoute profonde, ainsi que nous y invite Saint Benoît au début du prologue de sa Règle : "Ecoute, mon fils, les instructions du maître et prête l'oreille de ton coeur", Règle St Benoît Prol.1.

Pour entendre ce que l'Esprit dit aux églises -autre formule de saint Benoît empruntée à l'Apocalypse, RB Prol.11 et Ap 2,7 -, il faut écouter là où l'Esprit habite et appelle : dans nos coeurs (Ga 4,5 et Rm 8,11.22-27); ou plutôt il faut laisser la parole descendre et résonner à cette profondeur où le Seigneur nous attend. Il nous le dit lui-même par la bouche du prophète Osée : "C'est moi qui vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son coeur", Os 2,16. Car la parole du Seigneur est une parole d'amour adressée au coeur de chaque homme ; c'est pourquoi il est nécessaire d'aller au désert pour la percevoir, c'est-à-dire de faire taire tout ce qui ordinairement nous assourdit, les bruits du dehors mais aussi les pensées intérieures, pour être seulement attentif à la voix de Celui qui nous parle. Comme lorsque nous voulons prier, nous devons suivre le conseil de Saint Matthieu : "Entrer dans notre chambre la plus retirée, verrouiller notre porte et nous tourner vers Celui qui voit dans le secret", Mt 6,6, laissant dehors "les soucis du monde, la séduction des richesses et les autres convoitises qui risquent d'étouffer la Parole et de l'empêcher de porter du fruit", Mc 4,19 dans nos vies.

En effet, le trait essentiel, caractéristique de la parole de Dieu est d'être efficace, mieux encore salutaire, et cela parce qu'elle est vérité. "Moi le Seigneur je parle et j'accomplis" lisons-nous à la fin du chapitre 36 du livre d'Ezéchiel. Et Dieu se révèle à nous comme celui qui parle et accomplit afin que nous devenions ceux qui non seulement écoutent mais encore mettent en pratique, Dt 4,1 ; 6,3 ; RB Prol.1. Il nous attire vers sa parole pour que finalement nous la laissions prendre chair en nous. Aussi le modèle par excellence de notre lectio, c'est-à-dire de notre écoute et de notre réponse, va-t-il être Marie, la servante du Seigneur en qui le Verbe a pris vie, s'est incarné pour notre salut, Lc 1,38.41. A son exemple nous garderons la parole et nous la méditerons dans notre coeur, car comme le dit déjà le Deutéronome : "Il ne s'agit pas d'une parole sans importance pour nous ; cette parole c'est notre vie", Dt 32,47.

mardi 3 février 2009

Que ton amour nous possède tout entier, Colomban abbé de Luxeuil



Saint Colomban (543 ?-615) était un moine irlandais qui vint en France vers 585. Il fonda plusieurs monastères, dont celui de Luxeuil dans les Vosges. Persécuté parce qu’il dénonçait les moeurs de la cour de Bourgogne, il se réfugia en Italie où il fonda le monastère de Bobbio en 614. Il y mourut l’année suivante.




Dieu,

Éveille-moi du sommeil de mon indolence.
Fais brûler en moi le feu de l’amour divin ;
Que la flamme de ton amour monte plus haut que les étoiles ;
Que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à ton infinie tendresse [...]


Seigneur,

Accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement,
Que je sache tenir toujours ma lampe allumée,
Sans jamais la laisser s’éteindre ;
Qu’en moi elle soit feu,
Et lumière pour mon prochain.

Ô Christ,

Daigne allumer toi-même nos lampes,
Toi notre Sauveur plein de douceur,
Fais-les brûler sans fin dans ta demeure,
Et recevoir de toi, lumière éternelle,
Une lumière indéfectible.
Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres,
Et que, par nous,elle fasse reculer les ténèbres du monde.

Jésus,

Je t’en prie,
Allume ma lampe à ta propre lumière [...]
Qu’à ta lumière, je ne cesse de te voir,
De tendre vers toi mon regard et mon désir.
Alors, dans mon coeur, je ne verrai que toi seul,
Et en ta présence, ma lampe sera toujours allumée et ardente.

Fais-nous la grâce, je t’en prie,
Puisque nous frappons à ta porte,
De te manifester à nous,
Sauveur plein d’amour.

Te comprenant mieux,
Puissions-nous n’avoir d’amour que pour toi,
Toi seul.

Sois, nuit et jour,
Notre seul désir,
Notre seule méditation,
Notre continuelle pensée.

Daigne répandre en nous assez de ton amour
Pour que nous t’aimions comme il convient.
Remplis-nous de ton amour,
Jusqu’au plus intime de nous-mêmes,
Qu’il nous possède tout entiers,
Que ta charité pénètre toutes nos facultés,
Pour que nous ne sachions plus rien aimer,
Sinon toi, qui es éternel [...]

Qu’en nous se réalise,
En partie tout au moins,
Ce progrès de l’amour par ta grâce,
Seigneur Jésus-Christ,
À qui est la gloire dans les siècles des siècles.
Amen.

Sources :
D’après les Instructions spirituelles 12, 2-3.

http://patristique.org/

mardi 27 janvier 2009

Par ta lectio divina l’Eglise intériorise la Parole


Quand tu t’adonnes à la lectio divina, tu te trouves impliqué dans une œuvre qui te dépasse et te déborde de toutes parts, tu entres dans un chantier comme un ouvrier parmi une foule d’autres ouvriers. Dans l’exercice de cette activité-là en effet qui mobilise et récapitule toutes les ressources de ton être, tu es, à un titre tout particulier, membre de l’Eglise, du Corps total. C’est toujours en cette qualité de fils et de membre de l’Eglise que tu dois rencontrer la Parole dont l’Eglise seule est la véritable interlocutrice et la véritable dépositaire. A travers l’humilité, l’obscurité, la solitude de ta lectio divina, quelque chose d’immense et de grandiose s’élabore : à travers toi et en toi, c’est l’Eglise qui accomplit son intériorisation cordiale de la Parole. « Marie gardait et comparait en son cœur… », Lc 2,19. Te voilà donc devenu comme une chambre haute de cet immense Cœur ecclésial qui, de la Pentecôte à la Parousie, n’en finit pas de garder, de comparer, d’approfondir les Ecritures ; comme un miroir, une facette de cet immense Corps oculaire, de ce Vivant constellé d’yeux, Ap 4,6 qui n’en finit pas de regarder.

Chaque verset des Ecritures est un son émis par la bouche de Dieu dont les ondes doivent parvenir « jusqu’aux extrémités du monde », Ps 19,5 et se répercuter dans la caisse de résonnance que leur offre le cœur de chaque homme qui les perçoit.

« Comme une source, dans la petite région qu’elle occupe, est plus abondante et distribue son flot par de nombreux ruisseaux à de plus vastes espaces que n’importe lequel de ces ruisseaux qui descend de la même source à travers bien des régions ; ainsi le récit du dispensateur de ta parole, devant servir à de nombreux discoureurs à venir, d’un petit débit de discours fait jaillir des flots de limpide vérité, où chacun puise pour soi le vrai qu’il peut trouver dans ces choses, qui ceci, qui cela, pour l’étirer en de plus grands méandres de paroles », St Augustin, Confessions.


François Cassingena-Trévedy, Quand la Parole prend feu, vie monastique N° 36, Abbaye de Bellefontaine, 74-75.


mercredi 21 janvier 2009

SAINT AMBROISE, sur le Ps 119


Saint Ambroise, OpusculesAlençon, Bibliothèque municipale, ms. 11, f. 1.manuscrit du XIIe siècle

Le nom d'Aurelius Ambrosius évoque en général aujourd'hui l'évêque qui a converti et baptisé Augustin. Mais si son importance en tant que théologien et pour l'Église a toujours été vue par rapport à Augustin, saint Ambroise de Milan n'en est pas moins essentiel pour l'histoire occidentale, qui le reconnaît à part entière : avec Augustin, Jérôme et le pape Grégoire le Grand, saint Ambroise de Milan est l'un des «quatre grands docteurs d'Occident ».


Je pense qu’on peut aussi appeler « Cieux » l’âme dans laquelle le Christ vient. Il frappe à la porte, et si tu ouvres il entre. Il n’entre pas seul, il entre avec le Père : « Moi et le Père, nous viendrons, et nous ferons en lui notre demeure », Jn 14,23. Le Verbe de Dieu éveille celui qui dort, appelle celui qui prend du loisir. Car Celui qui frappe à la porte veut entrer, toujours. Qu’il entre ou n’entre pas ne dépend que de nous. Ouvre la porte ! Dilate ton cœur : qu’il y voie des richesses de simplicité, des trésors de paix, la douceur de la grâce. Accours vers cette lumière du Soleil qui « illumine tout homme », Jn 1,9. Cette vraie lumière brille pour tous ; mais si quelqu’un ferme sa fenêtre, il se prive de la lumière. Tu exclus le Christ si tu fermes la porte de ton esprit. Le Christ a toujours pouvoir d’entrer, mais il ne veut pas faire irruption comme un importun, forcer les gens qui ne le désirent pas. Le Verbe veut toujours être cherché et souvent trouvé. Si la porte est fermée, il frappe ; si on le fait attendre, il part. Mais il revient sans tarder et frappe à nouveau.

mardi 13 janvier 2009

Jardinier de l’Ecriture

Coopérateurs de Dieu, 1 Co 3,9 et serviteurs de la Parole, Lc 1,2, nous sommes dès lors des faiseurs de la Parole pour entendre la voix de la Parole, selon le psaume 103,20 :

« Maintenant quand les justes veulent écouter une parole de Dieu, ils font d’abord la parole et la construisent, la fabriquent, c’est-à-dire, par leurs actions positives, ils atteignent la capacité d’écouter les paroles divines ».

Nous allons au Texte sacré avec toutes nos expériences, nos joies, nos souffrances, nos péchés, nos repentirs, nos souvenirs, nos désirs, nos émotions, nos rêves ; nous allons à lui avec notre culture humaine, avec nos lectures anciennes ou récentes, avec nos tâches, avec le temps liturgique dans lequel nous nous trouvons alors, que le paysage que nous regardons par la fenêtre, avec les saisons si nuancées de la nature et de la grâce : la lectio divina prend imperceptiblement le goût de Noël ou de Pâques, le goût d’un jour de tempête ou d’un jour de neige. Chacun de nous est appelé pour sa part à recevoir de l’Ecriture la forme de sa propre vie… Le jardin des Ecritures est, de soi, identique pour tous ceux qui y sont admis, mais chacun y confectionne un miel d’une saveur jusque-là inédite et sans réédition postérieure possible.


François Cassingena-Trévedy, Quand la parole prend feu, propos sur la lectio divina, vie monastique N° 36, Abbaye de Bellefontaine, extrait 65-66.

mardi 16 décembre 2008

Conduis-moi, douce lumière

Conduis-moi,
douce lumière,
A travers les ténèbres qui m'encerclent.
Conduis-moi, toi,
toujours plus avant !
Garde mes pas :
je ne demande pas à voir déjà
Ce qu'on doit voir là-bas : un seul pas à la fois
C'est bien assez pour moi.
Je n'ai pas toujours été ainsi
Et je n'ai pas toujours prié
Pour que tu me conduises, toi, toujours plus avant.
J'aimais choisir et voir mon sentier ;
mais maintenant :
Conduis-moi, toi, toujours plus avant !
Si longuement ta puissance m'a béni !
Sûrement elle saura encore
Me conduire toujours plus avant
Par la lande et le marécage,
Sur le rocher abrupt et le flot du torrent
Jusqu'à ce que la nuit s'en soit allée...
Conduis-moi, douce lumière,
Conduis-moi, toujours plus avant !
Cardinal, John Henry Newman
1801-1890

vendredi 12 décembre 2008

Persévérer - nous laisser enseigner - Lectio divina

LIRE LA PAROLE DE DIEU : C'EST PRIER AVEC LE COEUR


Durant la première étape de cette pédagogie divine – la LECTURE – nous nous laissons enseigner, comme le Seigneur l’entend :

Certains jours, ce sera une lecture peut-être lumineuse, où un mot, un verset, une attitude, s’imposent soudain à nous ; dans ce cas, accomplissons ce qui nous est donné dans ce temps de lecture.

D’autres jours, ce sera plus laborieux, voire plus décevant (à vue humaine) ; c’est alors une invitation à persévérer et non à se décourager, le Seigneur travaille plus souvent dans le secret du cœur que dans la lumière éblouissante, il faut du temps pour que le grain semé commence à laisser apparaître une jeune pousse. Respectez ce temps nécessaire. Je vous rappelle que le vrai fruit de toute prière ne s’évalue pas dans la prière elle-même, mais dans notre vie, nos actes et nos choix.

D’autres jours enfin, vous vous sentirez moins disponibles et le temps de la Lectio Divina lui-même, indépendamment du texte prié parce qu'il est lu, vous semblera plus difficile à « habiter », ou même à prendre. Dans une vie bien occupée, il est normal que cela arrive. Je vous conseille alors de prendre quand même ce temps, au moins le minimum, de faire un acte de foi en la puissance de la Parole de Dieu et de lire comme vous le pouvez le ou les texte(s) prévu(s). Saint Paul nous a bien dit que l’Esprit-Saint venait au secours de notre faiblesse, pour nous apprendre à prier. N’attendons pas d’être dans une disponibilité d’esprit idéale pour se mettre à la prière ; et si c’était la prière elle-même, même pauvre et peu satisfaisante, qui pouvait nous aider à grandir dans notre disponibilité ?

N’oublions pas que l’Ecriture s’éclaire elle-même. A un autre moment, il peut donc être utile de prendre l’habitude de noter sur un carnet, dans un cahier, les versets qui auront été votre nourriture du jour.

Durant le temps quotidien de lectio divina, après avoir invoqué l’Esprit Saint et pris le temps de lire posément, calmement, le texte de la Parole de Dieu, on peut alors s’appuyer sur un mot, une phrase, un verset du texte biblique que l’on vient de lire, pour entrer dans la prière silencieuse où nous laissons la Parole de Dieu nous imprégner.

mardi 9 décembre 2008

Nous nourrir de la Parole, Jean-Paul II


Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte. § 39-40

" Il est nécessaire que l'écoute de la Parole devienne une rencontre vitale, selon l'antique et toujours actuelle tradition de la lectio divina permettant de puiser dans le texte biblique la parole vivante qui interpelle, qui oriente, qui façonne l'existence. Nous nourrir de la Parole, pour que nous soyons des « serviteurs de la Parole » dans notre mission d'évangélisation, c'est assurément une priorité pour l'Église au début du nouveau millénaire. "

mardi 2 décembre 2008

LA PAROLE : FESTIN DE DIEU


Dieu nous restaure, nous refait, nous recrée sans cesse pas sa Parole. « La Sagesse a immolé ses victimes ; elle a envoyé ses servantes pour convoquer à la forteresse et aux remparts de la ville : « Si quelqu’un est petit, qu’il vienne à moi » Prov 9,1-4. Elle a dressé une table, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte ; nous qui, fatigués, venons à elle avec les fardeaux de ce monde, elle nous restaure du pain de la Parole et nous fortifie à son festin contre les adversités. D’où aussi il est dit ailleurs pas l’Eglise : Tu as préparé une table devant moi contre ceux qui m’oppriment, Ps 22,5. Il est remarquable que Grégoire applique ces textes à l’Ecriture plutôt qu’à l’Eucharistie.

Le Seigneur nous rend forts contre les tentations en nous refaisant par la nourriture de sa Parole. La faim de l’esprit, c’est le silence de Dieu subi par le réprouvé. Quand manque à l’esprit la Parole de Dieu, il se trouve démuni contre la tentation.

L’Ecriture sainte est pour nous nourriture et boisson. La lire, c’est la manger ; encore faut-il l’assimiler. « Notre bouche mange quand nous lisons la Parole de Dieu ; nos entrailles se remplissent quand nous comprenons et gardons ce que nous avons pris la peine de lire ». Et Grégoire explique ensuite que ces entrailles, ne sont autre chose que la profondeur de l’esprit : l’intention droite, le désir saint, la volonté humble devant Dieu, la bienveillance pour le prochain. Quand notre esprit a reçu la nourriture de la vérité, notre intérieur ne doit pas rester vide.

Les paroles de Dieu restaurent l’esprit affamé et façonnent la beauté morale de notre vie. Elles sont les aliments que Dieu nous donne ; on s’en remplit le ventre au festin de Dieu. Tout chrétien rumine soigneusement dans son esprit la nourriture de sa sainte Parole. Les païens eux aussi sont tenaillés par la soif de la Parole ; quand enfin ils y accèdent, ils en boivent avec d’autant plus d’avidité qu’ils en ont eu soif plus longtemps.

Les paroles de l’Ecriture sont paroles de paix et paroles de vie. Elles sont la vie du croyant et elles lui donnent la vie. L’Ecriture est le roc sur lequel elle est bâtie. La saint Eglise tout entière est fondée sur le mystère des Ecritures.

Patrick CATRY, O.S.B., Moine de Wisques, Parole de Dieu, Amour et Esprit Saint chez Saint Grégoire le Grand, Vie monastique N° 17, 11-12

jeudi 27 novembre 2008

1er dimanche de l’Avent, 30 novembre 2008

1 Co 1,3-9 ; Mc 13,33-37

L’avent est une attente. Et tandis qu’il approche, je m’interroge sur ce que j’attends aujourd’hui. Avec la même vigilance que le veilleur sur le rempart guettant l’arrivée du messager, j’attends de voir se lever le blé, même s’il doit pousser dans l’ivraie…

L’incarnation est à la fois aboutissement et commencement d’une histoire d’amour. Dieu a tant aimé et aime le monde qu’il envoie son Fils pour nous montrer le chemin. Notre part est de l’aimer lui le Père, de nous laisser sauver au point de nous laisser entraîner à aimer ce qui demeure invisible. C’est tout le mystère de notre vie, du don fait de nous-même. Modestement, au cœur de notre faiblesse, nous nous laissons entraîner vers ces biens invisibles. « Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cette puissance incomparable soit de Dieu et non de nous » 2 Co 4,7. Tel est le mystère de la puissance de Dieu et celui de notre pauvreté, à accueillir comme le lieu où le Seigneur vient avec puissance. « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » nous dit encore St Paul 2 Co 12,10. Puisque tout est reçu de Dieu, vivons tout en Dieu qui se manifeste puissance d’amour à travers la faiblesse d’un enfant. Déposons lui tout à la crèche, forces et faiblesses, amour, souffrances et prière.


L’avent un temps d’attente actif. Je vous invite à créer un groupe de partage de la Parole de Dieu
Il suffit de commencer à 2 ou 3 pour pouvoir partager

Prions pour que le Seigneur nous aide à entrer réellement dans la "largeur" de sa Parole et nous ouvre ainsi à l'horizon universel de l'humanité qui nous unit avec toutes nos différences ».



Bon avent - Sr Jeanine

lundi 24 novembre 2008

A CŒUR OUVERT

Pour que la lectio divina soit vraiment un acte, pour qu’elle s’épanouisse comme telle, il faut, au principe de tout le processus, une disposition non d’inertie, de farniente intellectuel et spirituel mais de réceptivité, d’éveil, d’ouverture.

Ouverture : Pour faire ta lectio divina, il faut certes que le livre soit ouvert devant toi ; mais il faut aussi qu’au même instant ton cœur soit ouvert en toi… Il faut que tout ton être soit ouvert.

L’homme biblique est un homme éminemment ouvert. Nous avons là une constance de l’anthropologie spirituelle qui se dégage de la Bible, et partant, un modèle de ce que nous devons devenir. Tout dans l’homme biblique est ouvert.

L’oreille : Tu m’as ouvert l’oreille, Ps 40,7.

« Il éveille chaque matin, il éveille mon oreille
pour que j’écoute comme un disciple »,
Is 50,4-5.

Les yeux :

« Ouvre mes yeux : je regarderai
aux merveilles de ta Loi,
Ps 119,18.

Le cœur :

« Aujourd’hui si vous écoutiez ma voix !
N’endurcissez pas votre cœur…,
Ps 95,7-8.

« Nous étant assis, nous adressâmes la parole aux femmes qui s’étaient réunies. L’une d’elles, nommée Lydie, nous écoutait ; c’était une négociante en pourpre de la ville de Thyatire ; elle adorait Dieu. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul, Ac 16,13-14.


L’intelligence :

« Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures, Luc 24,45.

Ainsi, quand tu lis, tout doit être ouvert en toi ; tu dois être tout yeux, tout oreilles, un peu comme un curieux Vivant d’Ezéchiel et de l’Apocalypse, « constellés d’yeux par-devant et par derrière », Ap 4,6 ; Ez 1,5-21. Tous les pores de ton être spirituel doivent alors s’ouvrir, comme ceux d’une éponge, pour recevoir la plénitude de l’océan. Epanouis-toi dans les profondeurs sous-marines de l’Ecriture comme dans ton élément vital, et là, regarde ces « merveilles de Dieu dans les profondeurs », Ps 105,24 Vulg.

Et la bouche ! Nous l’avions oubliée… Il faut l’ouvrir largement elle aussi, pour la manducation et la louange :

« Ouvre large ta bouche, et je l’emplirai, Ps 81,11.

« J’ouvre large ma bouche et j’aspire,
avide de tes commandements »,
Ps 119, 131.

« Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche publiera ta louange
, Ps 51, 17.

Ephphata ! Ouvre-toi !, Mc 7,34. Ouvre donc tous tes sens spirituels. Ouvre les yeux : l’Ecriture est lumière ; ouvre les oreilles : l’Ecriture est musique ; l’Ecriture est eau vive.


François Cassingena-Trévedy, Moine de Ligugé, Quand la Parole prend feu, Vie monastique N° 36, abbaye de Bellefontaine, 23-25.

mercredi 19 novembre 2008

La Parole de Dieu est une énergie vivante


La Parole de Dieu est une énergie vivante. Elle communique la vie parce que Dieu est la source perpétuelle d'une énergie rayonnante qui émane de Lui. La Parole divine accomplit sa mission créatrice de vie sans cesse et à jamais :


« Car la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus pénétrante qu'une épée à deux tranchants ; elle atteint jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moëlles ; elle est le juge des intentions et des pensées du cœur. », Heb. 4,12.


La Parole divine emprunte dans les Saintes Ecritures les formes de la vie des hommes sur la terre afin d'être comprise par eux.

Les Ecritures ont, dans toutes les langues du monde, la même énergie et déploient la même puissance. La Parole de Dieu n’est pas expression littérale ; c'est une énergie divine qui assume les formes. La Parole divine est une nourriture réelle.

L'homme possède une âme créée par le souffle de Dieu et distincte du corps mortel. Alors que la vie terrestre de l'humanité est entretenue par la nourriture matérielle, l'air pur, l'activité au sein d'une communauté humaine, la vie spirituelle, conformément à la diginité de l'homme, est nourrie par le Saint-Esprit, la prière et maints autres éléments.

"L'homme ne vivra pas seulement de pain"...
La Parole de Dieu est cependant un aliment spirituel et intellectuel.
« L'homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
», Mt, 4,4.

Les liturgies de l'Eglise orthodoxe copte font une large place à d'innombrables passages de la Bible dans tous les services. Soulignons, à titre d'exemple, «une Divine Liturgie comprend deux lectures ou citations des Psaumes, deux lectures des Évangiles, un extrait d'une épître paulienne, un passage d'une épître « catholique » et des Actes. Des extraits des Psaumes et des Evangiles sont intégrés aux prières personnelles de chaque jour". On incite les fidèles à mémoriser d'importants passages de l'Ancien et du Nouveau Testament. La mémorisation joue toujours un rôle primordial dans la pratique de la foi chrétienne.

Bien que l'Eglise croit en Jésus-Christ, la Parole Incarnée et son Rédempteur éternel, elle est souvent détournée du chemin de la foi en Jésus et s'engage dans d'autres voies opposées au salut.

L'Eglise est parfois considérée comme trop timide pour affronter le monde avec la puissance du salut. Aujourd'hui les chrétiens et les Eglises doivent plus que jamais, dans l'histoire, faire face à un grand défi : affronter le monde courageusement avec la vertu salvatrice du Messie et la puissance agissante des Ecritures.


« En effet, vous êtes nés de nouveau, non des pères mortels, mais grâce à une semence immortelle, grâce à la Parole vivante et éternelle de Dieu... La parole de Dieu demeure pour toujours. », 1 P. 1, 23-25.


Conférence européenne des Sociétés bibliques, avril 1991, Eisenach, Allemagne. En mémoire de Son Eminence Abba ATHANASIOS, Métropolite de BENI-SOUEF, 1923 -2001. Texte tiré de LES ECRITURES - Patriarcat copte d’Alexandrie- Le Lien - La voix de Saint Marc Février-mars 2002.

mardi 18 novembre 2008

La Lectio divina Lecture priante de la Parole de Dieu

Le coeur et l’intelligence cherchent le Seigneur

La Lectio divina nous met à l’écoute de l’Esprit

Dieu nous parle dans l’Ecriture. C’est pourquoi chacun peut lire assidûment les Saintes Ecritures jusqu’à ce qu’elles deviennent une partie de son être. Par la Lectio divina ou lecture priante de la Parole de Dieu consignée dans la Bible, chaque croyant communie au Christ et le Christ lui fait connaître le Père.

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure”;" Jn 14,23.

En lisant l’Ecriture, nous nous mettons à l’écoute de ce que l’Esprit veut nous dire, ici et maintenant.

La Lectio divina nous fait entrer en contact avec le Mystère du Christ

En lisant, le message de la Parole pénètre le coeur et le coeur pénètre le mystère. L’Esprit présent en nous s’unit à la Parole de Dieu, qui est remplie d’Esprit Saint, de sorte que la Lectio stimule en nous la vie de la grâce.
A mesure qu’elle nous éveille, la Lectio développe et approfondit notre être spirituel dans la Parole de Dieu, et nous donne une conscience de plus en plus profonde du Mystère du Christ.

Lectio divina transforme notre coeur

Considérant la vie chrétienne comme l'évangélisation de notre conscience et de notre être profond, la place de la Lectio divina a toute son importance.

Vivre une retraite de Lectio demande de quitter notre quotidien pour mieux le retrouver ensuite.Cela demande de donner du temps, tout notre temps à la Parole de Dieu pour nous laisser transformer par elle. Il faut oser s'exposer simplement face à la Parole qui se révèle agissante et créatrice.

Origène, 3ème siècle

"Lire l’Ecriture est une façon pour Dieu et pour l’homme de se rencontrer. La vraie conversion, c’est de garder ce qu’on a compris dans son coeur et d’y conformer sa vie".

L’oreille du coeur s’affine progressivement et la Parole ne se déchiffre plus seulement dans l’Ecriture, mais aussi dans les rencontres et les événements. Dieu s’annonce dans la Bible et tout au long du jour. Dans cette annonciation, il nous revient d'écouter, en disponibilité et lucidité.En conclusion :La Lectio divina s’adresse à tous. Elle est accessible à tout lecteur humble et bienveillant. C'est une forme de rencontre entre Dieu et l’homme. En lisant l’Ecriture, nous devenons pleinement l'homme ou la femme à qui Dieu parle et dont Il attend une réponse.

Origène

“Il existe dans les Saintes Ecritures une sorte de force qui suffit, même sans explication, à celui qui la lit”, Homélie sur Josué XX 2.

Retraites lectio 2008-2009 - St Paul - St Marc


Retraites en silence
avec la Parole de Dieu

Accompagnement spirituel
et enseignement

Prière liturgique avec la
communauté des Orantes

Orantes de l’Assomption
Chemin de Noncienne
787830 BONNELLES

Tél 09 50 82 89 42

Chaque mois Retraite
28 au 30 novembre
2 au 4 janvier 2009
30 janvier au 1er février
20 au 22 février
mars à fixer
24 au 26 avril
29 mai au 1er juin
26 juin au 28 juin

Retraite de 7 jours avec St Paul

du samedi 21 février 19 h au samedi 28 février 2009 après-midi

Vivre le Triduum Pascal

avec la communauté des Orantes de Bonnelles
Jeudi Saint 9 avril au dimanche de Pâques 12 avril 2009

Retraite de 7 jours avec St Paul

dans la lumière de la Résurrection
du samedi 18 avril 19 h au samedi 25 avril 2009 après-midi

Retraite en juillet avec St Marc

3 jours du samedi 11 juillet 19 h au mardi 14 juillet après-midi
7 jours du samedi 11 juillet 19 h au samedi 18 juillet après-midi

Retraite en ligne :

parcours guidé dans les Evangiles du temps liturgique

de l’Avent du 30 novembre à Noël
du Carême du mercredi des cendres 25 février au dimanche de Pâques 12 avril

La méthode proposée prend en compte le temps dont dispose le retraitant.

Pour d’autres périodes - renseignez-vous
tél 09 50 82 89 42 monique.giroux@laposte.net

Possibilité de retraite individuelle avec accompagnement

Enseignement spirituel aux groupes qui le souhaitent
A qui s'adresse la retraite de Lectio ?

- A toute personne (jeune et adulte, homme ou femme) qui a le désir de découvrir dans l'Ecriture le coeur de Dieu pour vivre davantage sa relation à Dieu.

Est-ce qu'il faut connaître Paul ou Marc ?

- Non, l'intelligence de l'Ecriture n'est pas liée à une formation intellectuelle, elle relève uniquement de la qualité d'ouverture du coeur.

Quelle est la démarche essentielle de la retraite ?

- Elle consiste à lire St Paul ou St Marc, en étant guidé.
- Le croyant ouvre l'oreille à l'écoute, il prie en écoutant.
- Dans l'écoute se dévoilent la vie et la participation trinitaire en nous.
- "La lectio nous prépare à la visite du Verbe", St Bernard.

Quel est le but de la Lectio ?

- L'Ecoute ouvre à la connaissance et à l'amour.

Quelles sont les qualités requises pour faire de la Lectio ?

- La docilité pour entrer dans la méthode proposée.
- Suivre les conseils donnés.
- Laisser sa tête et ses connaissances de côté pour laisser la Parole prendre chair en nous par son Esprit.
- Accepter de partager avec un témoin (ici une soeur), c'est une tradition dans l'Eglise pour authentifier le vécu quotidien.

Chaque jour un enseignement est donné

"Lorsque nous prions, nous parlons à Dieu,
mais lorsque nous lisons, c'est Dieu qui nous parle",
Isidore de Séville

vendredi 14 novembre 2008

LECTURE GRATUITE ET PRIANTE, ECOUTE DE DIEU ET DOCILITE

Saint Cyprien de Carthage a formulé une des lois fondamentales de la lecture biblique, lorsqu’il a dit : «Ou prie assidûment, ou lis ; tantôt parle avec Dieu, tantôt écoute-le». Origène serait pourtant le premier avec lequel serait apparue «avec netteté la pratique d’une lectio divina». Nous savons qu’il avait été formé par des maîtres israélites ; or la lecture de la Bible en synagogue se faisait dans une ambiance de louange et un environnement de chants, et les Juifs connaissaient déjà la lecture savourée et priante de la Bible. Origène était fidèle à ce principe de lecture gratuite, faite dans un climat de recueillement, de passivité, d’écoute de Dieu et de docilité, car, dans sa vie et celle de ses compagnons, selon St Jérôme, «la lecture succédait à la prière et celle-ci à la lecture».
Ce qui est, par contre, spécifiquement chrétien – cela va de soi -, c’est le parallélisme établi entre les deux alliances. Nous trouvons déjà cela dans les évangiles. Ainsi, lorsque Jésus, à Nazareth, s’applique à lui-même les paroles d’Isaïe 61,1-2 : «L’Esprit du Seigneur est sur moi…», Luc 4,16-30 et lorsque, cheminant avec les disciples d’Emmaüs, «commençant par Moïse et tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui les concernait», Luc 24,27. Dès les lendemains de la Résurrection, les Apôtres reprendront cette méthode, car Saint Pierre, dans le discours de la Pentecôte, dit voir dans le miracle des langues la réalisation de la prophétie de Joël 3,1-5, Actes 2,16-21, et dans la Résurrection de Jésus, celle du psaume 16, Actes 2 ,25-32 ; Ps 16,8-11 et du Psaume 110,1, Actes 2,34-35, Etienne, dans son discours devant le Sanhédrin Actes 7,1-53, et Paul, dans celui d’Antioche de Pisidie, Actes 13,16-41, ainsi qu’à travers ses épîtres, procéderont de même. Les Pères du Désert ont continué cette méthode.

Dom Louis Leloir, O.S.B., Désert et communion, témoignages des Pères du Désert recueillis à partir des Paterica arméniens, spiritualité orientale, N° 26, 241-242.

vendredi 31 octobre 2008

Ne pleure pas si tu m'aimes

2 novembre
Commémoration de tous les fidèles défunts




Ne pleure pas si tu m'aimes.
Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le ciel !
Si tu pouvais d'ici entendre le chant des anges et me voir au milieu d'eux.
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les chants éternels, les nouveaux sentiers où je marche !





Si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté
devant laquelle toutes les beautés pâlissent.
Quoi ! Tu m'as vu et tu m'as aimé dans le pays des ombres,
et tu ne pourras ni me revoir, ni m'aimer dans le pays des immuables réalités !

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens
comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient
et quand un jour que Dieu connaît et qu'il a fixé,
ton âme viendra dans le ciel où l'a précédée la mienne,
ce jour-là tu me verras,
tu retrouveras mon affection épurée.

A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie,
je sois devenu moins aimant.

Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur,
non plus attendant la mort,
mais avançant d'instant en instant avec toi
dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie.

Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes.

Saint Augustin

mercredi 22 octobre 2008

La Parole de Dieu est comme une échelle, homélie de Benoît XVI, 6 octobre 2008

La Parole de Dieu est comme une échelle sur laquelle nous pouvons monter et, avec le Christ, également descendre dans la profondeur de son amour (Benoît XVI). Aujourd'hui, toujours pour soutenir notre lectio divina quotidienne, nous vous proposons un passage de la très riche homélie de Benoît XVI, prononcée au synode, le 6 octobre. Nous vous invitons à la lire entièrement.

La Parole de Dieu est le fondement de tout, elle est la véritable réalité. Et pour être réalistes, nous devons justement compter sur cette réalité. Nous devons changer notre idée que la matière, les choses solides, qu'on peut toucher, seraient la réalité la plus solide, la plus sûre. À la fin du Sermon sur la Montagne, le Seigneur nous parle des deux possibilités de bâtir la maison de sa vie: sur le sable et sur la roche. Sur le sable ne bâtit que celui qui bâtit sur les choses visibles, tangibles, sur le succès, sur la carrière, sur l'argent. Telles sont apparemment les vraies réalités. Mais tout cela, un jour, disparaîtra. Nous le voyons aujourd'hui dans la faillite des grandes banques: cet argent disparaît, il n'est rien. Aussi toutes ces choses, qui semblent être la véritable réalité sur laquelle compter, ne sont qu'une réalité de deuxième ordre. Celui qui bâtit sa vie sur ces réalités, sur la matière, sur le succès, sur tout ce qui apparaît, bâtit sur du sable. Seule la Parole de Dieu est le fondement de toute la réalité, elle est aussi stable que le ciel, plus stable que le ciel, elle est la réalité. Nous devons donc changer notre concept de réalisme. La personne réaliste est celle qui reconnaît dans la Parole de Dieu, dans cette réalité apparemment si faible, le fondement de tout. La personne réaliste est celle qui bâtit sa vie sur ce fondement qui reste en permanence. C'est ainsi que ces premiers versets du Psaume nous invitent à découvrir ce qu'est la réalité et à trouver de cette manière le fondement de notre vie, et comment construire la vie.
En entrant dans la Parole de Dieu, nous entrons réellement dans l'univers divin. Nous sortons de l'étroitesse de nos expériences et entrons dans la réalité qui est vraiment universelle. En entrant dans la communion avec la Parole de Dieu, nous entrons dans la communion de l'Église qui vit la Parole de Dieu . Nous n'entrons pas dans un petit groupe, dans la règle d'un petit groupe, mais nous sortons de nos limites. Nous sortons vers le large, dans la vraie largeur de l'unique vérité, la grande vérité de Dieu. Nous sommes réellement dans l'universel. Et nous sortons ainsi dans la communion de tous nos frères et soeurs, de toute l'humanité, parce que dans notre coeur se cache le désir de la Parole de Dieu qui est une. Aussi l'évangélisation, l'annonce de l'Évangile, la mission ne sont-elles pas une espèce de colonialisme ecclésial, par lequel nous voulons insérer les autres dans notre groupe. C'est sortir des limites de chaque culture dans l'universalité qui nous relie tous, nous unit tous, nous fait tous frères. Prions de nouveau afin que le Seigneur nous aide à entrer réellement dans la "largeur" de sa Parole et nous ouvre ainsi à l'horizon universel de l'humanité qui nous unit avec toutes les différences.

Sainte lectio divina à tous

http://lectiodivina.over-blog.com

dimanche 19 octobre 2008

Hooseek, un moteur de recherche solidaire

Les Orantes de l'Assomption sont de la Famille de l'Assomption.
Notre solidarité de famille me fait vous partager une sensibilisation de nos frères Augustins de l'Assomption. Pourquoi ne pas utiliser un moteur de recherche qui privilégie de financer des associations ? Voici le texte publié dans ATLP de septembre N° 219 (Province de France).

"Il a été créé par une petite équipe de la région parisienne et il fonctionne avec les recherches de Google, Yahoo et autres moteurs de recherche.
Ce qui fait son originalité, c'est que l'argent généré par les flux publicitaires est redistribué à des associations de votre choix.
En clair : 1 recherche = 1 don. C'est un service gratuit.
Chaque recherche rapporte à 0,20 euros à une association de votre choix. On peut choisir jusqu'à 4 associations déclarées au Journal Officiel. Il ne faut rien installer ; juste penser à surfer sur Hooseek plutôt que sur Google. On ne perd rien au change car les résultats de recherche sont ceux de Google, Yahoo ou tout autre moteur de recherche de votre choix.
Alors rendez-vous sur http://www.hooseek.com, cliquez sur le coeur ou sur "soutenir une association", et n'oubliez pas d'indiquer que vous souhaitez que l'argent aille, par exemple, à la Procure Missionnaire de l'Assomption !
Faites circuler l'info ! Plus il y aura d'utilisateurs, plus çà rapportera. De quoi, aussi, vous donnez bonne conscience de surfer !

Alors choisissez la Procure Missionnaire de l'Assomption. La procure soutient la formation de nombreux jeunes et des projets de développement dans des pays de missions.

D'avance merci pour eux, je serai heureuse de connaître votre choix, écrivez-moi sur mon email arbre89fleur@gmail.com

Partagez-moi aussi vos réactions à la lecture des textes publiés, aide, approfondissement ou autres désirs...

merci Sr Jeanine -

jeudi 16 octobre 2008

L’ECRITURE OBSCURITE ET LUMIERE



Dom Louis Leloir, O.S.B., moine de l'abbaye St Maurice-et-Saint-Maur de Clervaux au Luxembourg

Extrait Désert et communion, témoignages des Pères du désert recueillis à partir des Paterica arméniens, spiritualité orientale, N° 26, 253-254.


«Après les Pères du Désert, Saint Augustin a proposé, sur l’obscurité des Ecritures, des réflexions qui paraissent être la conclusion vers laquelle s’acheminerait, mais à tâtons, les moines du III et IVème siècles. Elles valent la peine d’être citées.

St Augustin souligne que le mystère de Dieu demeure certes inaccessible en lui-même, et que le chrétien doit tenir compte de l’avertissement de l’Ecriture : «Ne cherche pas ce qui est plus haut que toi, ne scrute pas ce qui est plus fort que toi", Siracide 3,21. L’Ecriture est obscure, parce qu’elle s’efforce de révéler celui qui habite une lumière inaccessible, le mystère de la vie trinitaire, qu’on ne peut décrire qu’en analogie et paraboles ; sa sainteté, à laquelle on doit épargner tout contact irrespectueux. L’obscurité de l’Ecriture est d’ailleurs miséricorde de la part de Dieu ; la lumière divine serait trop éblouissante pour les faibles yeux de l’homme ; d’où la nécessité de la tamiser par une nuée légère : «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant», Jn 16,12 ; la levée des voiles, pour être proportionnée à la faiblesse de l’homme, devra donc être progressive. Trop de facilité à découvrir les profondeurs de l’Ecriture nuirait à notre conscience de sa valeur et à l’ardeur de notre recherche. On ne frappe pas à une porte ouverte, et on ne cherche pas ce qui est à la portée de la main : si nous avions trop de facilité pour comprendre l’Ecriture, nous l’estimerions moins, et notre recherche de ses beautés serait molle et intermittente. C’est donc vraiment par miséricorde que l’Ecriture sera à la foi "accessible à tous » et « pénétrable par très peu». Il faut que tous, y compris les plus simples, puissent trouver une nourriture, mais il est nécessaire également que les esprits plus pénétrants aient peine à saisir la profondeur de ses mystères».

L’Ecriture, cependant n’a pas son but en elle-même ; elle existe pour notre utilité. Le Christ a dit du reste : «Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé», Mt 10,26 ; Lc 8,17. Le Christ nous a donc promis la révélation progressive des mystères de l’Ecriture : «Hier, tu comprenais un peu ; aujourd’hui tu comprends davantage ; demain tu connaîtras bien plus encore : la lumière même de Dieu grandit en toi».

Et c'est pourquoi les Pères du Désert, lisant l'Ecriture, nourriront toujours l'espoir, après une lecture hésitante, de mieux comprendre au cours d'une lecture ultérieure.

dimanche 12 octobre 2008

LES SENS DE L’ECRITURE

«L’homme spirituel juge de tout et ne relève du jugement de personne», a dit Saint Paul 1 Co 2,15. Les Patrologues savent quelle pistes précieuses ont été décelées par les Pères et les anciens moines ; c’est qu’ils étaient mus par l’Esprit de Dieu, les conduisant où il voulait, vers les dimensions multiples de la Parole de Dieu. La plénitude du texte sacré est, en fait, illimitée ; l’expérience des générations chrétiennes qui coexistent et se succèdent dans des situations variées met sans cesse en valeur de nouveaux aspects de la Bible ; de constantes relectures du texte sacré ouvrent à des perspectives toujours nouvelles.

C’est ainsi que l’inspirations créatrice des vrais spirituels, tels qu’étaient les Pères du Désert, peut beaucoup apporter : une exégèse prophétique viendra assouplir les méthodes techniques, et enrichir la science de la Bible des intuitions que communique l’expérience de Dieu : « Les paroles divines augmentent avec celui qui les lit », disant Saint Grégoire ; plus est spirituel celui qui lit la Bible, et plus il approfondit la Parole de Dieu, plus celle-ci s’éclaire de significations nouvelles ; la mystique n’apporte pas moins à l’exégèse que l’exégèse à la mystique.


Dom Louis Leloir, O.S.B., Moine de Clervaux, Désert et communion, témoignages des Pères du Désert recueillis à partir des Paterica arméniens, spiritualité orientale, N° 26, 264-265.

samedi 27 septembre 2008

La lecture de l’Ecriture chasse de l'âme le découragement

Comment se comporter pendant les périodes de déréliction, ou au moins pour en réduire les dommages ?

Un des conseils est de prier en attendant que cela se termine : « Pendant les périodes de tentations, lorsque quelqu’un se trouve dans l’obscurité, une recommandation serait de s’occuper à la lecture des écrits des Pères » :

Lorsqu’il arrive que ton âme soit enveloppée de fortes ténèbres au-dedans d’elle-même, comme lorsque les rayons du soleil au milieu des nuages sont cachés à la terre, et que ton âme est privée pour un bref moment de réconfort spirituel et de la lumière de la grâce, à cause de la nuée des passions qui la couvre, et qu’en plus, la force produisant la joie est réduite pour un peu de temps, alors que ton esprit est couvert par un brouillard inaccoutumé, que ton esprit ne se trouble pas et ne t’abandonne pas au découragement. Mais sois patient, occupe-toi par la lecture des écrits des Docteurs de l’Eglise, efforce-toi de prier, et attends de recevoir de l’aide. L’aide viendra alors sans tarder et sans que tu t’en aperçoives.

La lecture de l’Ecriture (qeryana) : le mot syriaque s’applique à la fois à la Bible et aux Pères de l’Eglise chasse de l’âme le découragement et les ténèbres.

Quand quelqu’un souffre d’un sentiment de lourdeur alors qu’il se trouve dans la quiétude, celui-ci se dissout à quelque lecture des Ecritures ; parfois cela se produit grâce au discernement qu’ils goûtent, et qui vient de la lumière que procure la sagesse qui gît dans ses paroles.


Hilarion Alfeyev, L’univers d’Isaac le Syrien, spiritualité orientale, N° 76, abbaye de Bellfontaine, 126.

lundi 22 septembre 2008

La spiritualité biblique

Les Pères de l’Eglise vivaient de la Bible, pensaient et parlaient par la Bible avec cette admirable pénétration qui va jusqu’à l’identification de leur être avec la substance biblique elle-même. Si on se met à leur école, on comprend immédiatement qu’il s’agit du fait intérieur de toute lecture biblique : la Parole lue ou écoutée conduit toujours à la Parole vivante, à la présence de la Personne du Verbe. Saint Ephrem conseille ; « Avant toute lecture, prie et supplie Dieu pour qu’il se révèle à toi ». « Lui que je cherche dans tes livres », disait St Augustin. La légitime aspiration à comprendre, à trouver des réponses, se soumet au plus grand, à l’unique nécessaire et se place dans la perspective sacramentelle de l’avènement : « On consomme eucharistiquement la parole mystérieusement rompue », Origène, en vue de la communion avec le Christ. Connaître, ce n’est pas voir de l’extérieur, mais assimiler, prendre, s’identifier, de sorte que Dieu assume, dans l’acte même de sa connaissance, la souffrance de l’homme.

L’Ēvangile selon St Luc 24,45 nous dit que Dieu « ouvre l’intelligence » de ses disciples en montrant comment il faut lire la Bible pour y découvrir « tout ce qui est écrit de moi » ; en commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. C’est ainsi que le Seigneur « ouvrait le sens des Ecritures », en révélant que la Bible est l’icône verbale du Christ .

C’est dans le Christ, au-dedans de son Corps, dans l’Eglise qu’il faut lire la Bible et écouter Dieu. C’est toujours l’Eglise qui lit la Bible dès que s’ouvrent ses pages. Même seul, on lit ensemble, liturgiquement.

Paul Evdokimov, La nouveauté de l’Esprit, étude de spiritualité, spiritualité orientale, N0 20, collection Bellefontaine, extrait p. 18.

jeudi 18 septembre 2008

Le Christ - Parole unique de l'Écriture Sainte

Dans la condescendance de sa bonté, Dieu, pour se révéler aux hommes, leur parle en paroles humaines : "En effet, les paroles de Dieu, exprimées en langues humaines, ont pris la ressemblance du langage humain, de même que le Verbe du Père éternel, ayant assumé l'infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes", Dei Verbum 13.


A travers toutes les paroles de l'Écriture Sainte, Dieu ne dit qu'une seule Parole, son Verbe unique en qui Il se dit tout entier, cf. He 1, 1-3 :

Rappelez-vous que c'est une même Parole de Dieu qui s'étend dans toutes les Écritures, que c'est un même Verbe qui résonne dans la bouche de tous les écrivains sacrés, lui qui, étant au commencement Dieu auprès de Dieu, n'y a pas besoin de syllabes parce qu'il n'y est pas soumis au temps, St Augustin, Psal. 103, 4, 1 : PL 37, 1378.

Pour cette raison, l'Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle vénère aussi le Corps du Seigneur. Elle ne cesse de présenter aux fidèles le Pain de vie pris sur la Table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ, cf. Dei Verbum 21.


Dans l'Écriture Sainte, l'Église trouve sans cesse sa nourriture et sa force, cf. Dei Verbum 24, car en elle, elle n'accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu'elle est réellement : la Parole de Dieu, cf. 1 Th 2, 13. "Dans les Saints livres, en effet, le Père qui est aux Cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux", Dei Verbum 21.

Toute l'Écriture divine n'est qu'un seul livre,
et ce seul livre c'est le Christ,
"car toute l'Écriture divine parle du Christ, et
toute l'Écriture divine s'accomplit dans le Christ "
Hugues de Saint Victor

lundi 15 septembre 2008

Lecture priante

Si le but immédiat d’une lecture spirituelle est d’acquérir des connaissances religieuses, son but final est d’alimenter l’oraison. Et plus le livre ouvre l’âme au contact de Dieu, soit par son contenu, soit grâce à l’ambiance de silence, de liberté de cœur et de gratuité dans laquelle se fait la lecture, plus celle-ci sera féconde.

Or du point de vue du contenu, la Bible est dans une situation privilégiée. Parole de Dieu, elle nous met immédiatement en contact avec lui ; si nous la lisons dans un esprit d’accueil, d’écoute et de docilité, l’Esprit de Dieu nous y remue et nous y blesse. La Bible ne s’occupe du reste que de Dieu, ou du monde vu dans sa relation vis-à-vis de Dieu, ou de l’homme pour lui apprendre comment servir Dieu ; la lecture de la Bible est donc bien une lectio divina, une lecture qui plonge en Dieu. Aussi le moine en fera-t-il ses délices, répétant et surtout vivant ces paroles de Jérémie, 15,16 : « Quand tes paroles se présentaient, je les dévorais ; ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur ».

Présent dans l’Eucharistie, Dieu l’est aussi dans la Bible, autre pain de vie ; comme l’Eucharistie, la Bible provoque à l’amour et à la prière ; elle en sera l’aliment et le soutien, après en avoir été le point de départ.


« Du champ vient la joie de la moisson ; de la vigne les fruits qui nous nourrissent et de l’Ecriture la doctrine vivifiante »,
Isaac d’Antioche (+460-461).

Le champ donne la moisson une fois l’année ; la vigne ne fournit qu’une vendange par an, tandis que la doctrine salutaire jaillit de l’Ecriture aussi souvent qu’on la lit. Le champ une fois moissonné, arrête et se repose ; de même la vigne, une fois la vendange faite, n’a plus d’utilité ; la Sainte Ecriture, au contraire, même si on la moissonne journellement, donne toujours des épis à ceux qui la scrutent. Allons donc à ce champ jouir de ses sillons et cueillir ses épis vivifiants.


Dom Louis Leloir, o.s.b., moine de Clervaux, Désert et communion, témoignage des Pères du Désert recueillis à partir des Paterica arméniens, spiritualité orientale, N° 26, collection Bellefontaire, extrait 272-275.

mercredi 10 septembre 2008

DIEU PARLE ENCORE, St Grégoire le Grand


Est-il bien tout à fait vrai cependant que Dieu nous a tout dit dans l’Ecriture ? Dieu est vivant. «Dieu parle tantôt par l’Ecriture, tantôt par une inspiration secrète». Grégoire n’enferme pas la Parole de Dieu dans une théorie. Dieu a tout dit dans l’Ecriture mais il ne s’y est pas enfermé. «Dieu parle par une révélation secrète quand il révèle par son Esprit à l’esprit élu ce qu’il faut faire ou enseigner”. Toutefois la norme de toute révélation secrète, c’est l’Ecriture. «Quand donc Samuel entendit le Seigneur l’appeler, il s’empressa vers Héli, parce que l’ordre élu des prédicateurs de la sainte Eglise confronte ce qu’il a appris par une révélation de Dieu à ce qui se trouve dans l’Ecriture sainte. La règle d’une juste intelligence se trouve exprimée dans les livres de la sainte Ecriture, parce que les conseils divins y sont exposés par nos vénérables Pères qui ont eu l’Esprit. Saint Samuel accourt donc vers Héli aussi souvent qu’il est appelé par le Seigneur parce que l’ordre des prédicateurs consulte les dits des anciens Pères au sujet de tout ce qu’il apprend par révélation spirituelle avant de croire que cette révélation vient bien du Seigneur en reconnaissant que cela ne diffère pas de ce qu’il lit dans l’Ecriture sainte. On tombe facilement dans l’erreur si on ne sait pas confronter à l’éminente vérité de l’Ecriture sainte ce qu’on a recueilli dans une contemplation secrète”. Dieu continue à se révéler aux hommes. Il existe une parole cachée, Job 4,12, parce qu’elle se fait entendre à l’intime de l’âme, c’est une parole de l’Esprit-Saint qu’on perçoit par le cœur et qui entraîne à désirer les biens invisibles ; c’est une parole sans bruit de voix ; elle élève l’esprit parce que la parole de l’Esprit se fait entendre silencieusement â l’oreille du cœur. Dieu est plus grand que son Ecriture et il n’est pas limité par elle, mais l'Ecriture demeure la norme de toute révélation secrète.

Ni la connaissance de l’Ecriture ni aucune révélation n’est chose que l’on s’arroge soi-même. Toute parole est don libre L’Esprit de prophétie n’est pas toujours présent aux prophètes, il n’est pas toujours à leur disposition, afin qu’au temps où ils ne l’ont pas, ils reconnaissent que c'est par don qu’ils l’ont quand l’Esprit vient à eux. Aussi quand Elisée interdit à son serviteur Giézi de repousser la Sunamite qui pleurait à ses pieds, il lui dit “Laisse-la, son âme est dans l’amertume; le Seigneur me l’a caché, il ne me l’a pas fait savoir”, 2 Rois 4,27. De même quand Josaphat l’interrogea sur l’avenir, alors que l’Esprit de prophétie ne lui était pas présent, il fit venir un joueur de lyre pour que l’Esprit de prophétie descende sur lui par la louange de la psalmodie, 2 Rois 3,11-15. L’inspiration de l’Esprit est libre don de Dieu ; elle n’est pas continue, pour que l’homme éprouve la vérité de l’inspiration en comparant les temps où il l’a et ceux où il ne l’a pas.
Patrick Catry, o.s.b., Moine de Wisques, Parole de Dieu, Amour et Esprit-Saint chez St Grégoire le Grand, 17.

mercredi 3 septembre 2008

DANS L'ECRITURE DIEU NOUS A TOUT DIT


Le pape saint Grégoire le Grand vécut de 540 à 604. Il est docteur de l'Eglise, sa fête a lieu le 3 septembre.
Né à Rome dans une famille patricienne, il devint préfet de la ville. En 575, ayant renoncé à ses charges et à sa fortune, il devint moine et se retira dans un monastère qu'il fonda et établit sous la règle bénédictine. Après une ambassade à Byzance pour le compte du pape Gélase II, il fut élu pape et eût à organiser la défense et l'organisation de Rome lors de l'invasion des lombards ainsi qu'à négocier avec eux, pour éviter un plus grand malheur à la ville. Ce fut lui qui envoya saint Augustin de Cantorbéry en Grande-Bretagne pour évangéliser ce pays. Il tourna l'Eglise vers les jeunes nations barbares qui s'étaient implantées dans les ruines de l'ancien empire Romain d'Occident. On doit à saint Grégoire de nombreuses lettres, homélies, dialogues et traités de pastorale. Il est à l'origine d'une réforme liturgique et le chant dit "grégorien" porte son nom.
Dans l’Ecriture qui contient sa Parole, Dieu nous a tout dit. Dieu a parlé une fois et cela suffit, il n’y a plus d’autre révélation à attendre. C’est ce qu’explique Eliu à son ami Job «Tu protestes contre Dieu parce qu’il ne répond pas à chacune de tes questions. Dieu parlera une fois et ne répétera pas deux fois la même chose...”. C’est comme s’il disait : Dieu ne répond pas au cœur de chacun par des révélations privées, car il a préparé une parole qui puisse satisfaire aux questions de tous. Dans la parole de son Ecriture en effet, si nous cherchons bien, nous trouvons réponse à chacun de nos besoins ; il n’est pas nécessaire que la voix de Dieu réponde en particulier à ce que chacun doit supporter. Dans l’Ecriture, il nous est répondu à tous d’une manière générale ; là en effet, la vie des prédécesseurs sert de modèle aux successeurs. Pour prendre un seul exemple, si nous sommes affligés d’une souffrance quelconque ou d’une maladie corporelle, peut-être désirons-nous connaître les causes cachées de cette souffrance ou de cette maladie pour trouver soulagement par la connaissance des maux dont nous souffrons. Mais parce qu’à chacune de nos tentations, il ne nous est pas répondu en particulier, nous recourons à l’Ecriture sainte. Nous y trouvons que Paul, tenté par l’infirmité de sa chair, entendit cette réponse : “Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse”, 2 Cor 12,9. Et cela lui fut dit dans sa propre faiblesse pour que cela ne nous soit pas dit à chacun d’entre nous individuellement. Dans l’Ecriture sainte, nous entendons la voix de Dieu qui s'adresse à Paul dans l’affliction afin que nous ne cherchions pas à l’entendre chacun pour notre propre compte en une consolation privée quand il nous arrive aussi d’être dans l’affliction. Le Seigneur ne nous répond donc pas à chacune de nos questions parce qu’il parlera une fois et qu’il ne répétera pas deux fois la même chose par ce qu’il a déclaré à nos Pères dans l’Ecriture, il a voulu aussi nous instruire ; Dieu ne répond plus aux pensées ou aux tentations de chacun par les voix des prophètes ou par l’office des anges parce qu’il a enfermé dans l’Ecriture sainte tout ce qui peut arriver à chacun, et qu’il a pris soin de donner pour modèle aux successeurs les exemples des prédécesseurs. Admirable leçon sur l’aujourd’hui de la Parole de Dieu.

Patrick Catry, o.s.b., Moine de Wisques, Parole de Dieu, Amour et Esprit-Saint chez St Grégoire le Grand, 16.

dimanche 31 août 2008

La Parole de Dieu engendre la vie

André Louf, né en 1929, cistercien trappiste, a été père abbé de l'Abbaye du Mont des Cats durant près de 36 ans. Il est l'une des grandes figures spirituelles de notre temps, aujourd'hui retiré ermitage, mais toujours attentif à la rumeur du monde. Plus que toute parole, toute poésie humaine, la Parole de Dieu est insondable et inépuisable.







"Appuie-toi sur la Parole de Dieu
pour devenir fidèle"







"Celui qui tente de la saisir ne peut que la réduire à ce qu’il est capable d’en percevoir.

Car la Parole de Dieu s’élève au-dessus de tout ce que l’homme peut en saisir dans l’aujourd’hui. Elle a sa vie propre et son histoire.

Toute Parole de Dieu ne pourra être mesurée qu’à la plénitude des temps. Elle ne cesse jamais d’accompagner l’Amour de Dieu pour le monde et de l’accomplir toujours à nouveau.

C’est pourquoi la signification de la Parole de Dieu ne peut être établie une fois pour toutes.

Cette Parole est pleine de vie et elle engendre la vie en celui qui l’écoute. Dans sa Parole, Dieu est constamment en train de créer.

En chaque liturgie, Il construit Son Eglise convoquée autour de la Parole.

En chaque croyant qui Lui ouvre son cœur et son esprit, Il creuse un abîme insoupçonné de connaissance et d’amour".

Père André Louf

mercredi 27 août 2008

La contemplation (extase) d’Ostie


Mercredi 27 août Sainte Monique

Mère de Saint Augustin, dont elle obtint la conversion par son affection discrète et sa prière contemplative. Elle mourut à Ostie en 387


Jeudi 28 août 2008 Saint Augustin

Après avoir mené une vie frivole, Augustin entreprit une longue quête de Dieu. Devenu évêque d'Hyppone, en Afrique du Nord, il fut un pasteur incomparable et un écrivain à la foi pénétrante. Il mourut en 430.


Si en quelqu'un faisait silence le tumulte de la chair,
silence les images de la terre et des eaux et de l'air,
silence même les cieux, et si l'âme aussi en soi faisait silence
et se dépassait ne pensant plus à soi,
silence les songes et les visions de l'imagination ;

si toute langue et tout signe
et tout ce qui passe en se produisant
faisaient silence en quelqu'un absolument
- car, si on peut les entendre, toutes ces choses dise :
“Ce n'est pas nous qui nous sommes faites
mais celui-là qui nous a faites demeure à jamais”.

cela dit, si désormais elles se taisaient
puisqu'elles nous ont dressé l’oreille
vers celui qui les a faites,
et s'il parlait lui-même, seul,
non par elles mais par lui-même,

et qu’il nous fît entendre son verbe
non par langue de chair, ni par voix d'ange,
ni par fracas de nuée, ni par énigme de parabole,
mais que lui-même, que nous aimons en elles,
lui-même se fit entendre à. nous sans elles,

- comme l'instant nous avons tendu nos êtres
et d'une pensée rapide nous avons atteint
l'éternelle sagesse qui demeure, au-dessus de tout -
si cela se prolongeait et que se fussent retirées
les autres visions d'un ordre bien inférieur,
et que celle-là seule ravît et absorbât et plongeât
dans les joies intérieures celui qui la contemple,
et que la vie éternelle fût telle qu'a été cet instant d'intelligence
après lequel nous avons soupiré...

N'est-ce pas cela que signifie :
“Entre dans la joie de ton Seigneur” ?
Et pour quand cette joie ? N'est-ce pas pour le jour
où nous ressusciterons tous sans être tous changés ?
Confessions 9,10.

lundi 25 août 2008

Le miroir de la Parole


La Lectio est toujours une lecture éminemment personnelle, en ce sens qu’elle implique un élément en quelque sorte subjectif : l’effort que chacun consent pour adapter à son cas ce que rapporte la Bible.

«Toutes ces choses qui sont ici écrites et mêlées, enseigne St Augustin – repris par Saint Grégoire – c’est le miroir de vous-même», Augustin, En. In Ps 33,III,1.

Le lecteur est invité à examiner s’il est conforme à ce que l’Ecriture présente à ses yeux ; et s’il ne l’est pas, il portera tous ses efforts à le devenir. La Parole de Dieu se révèle ici acte qui me dévoile, mais aussi qui fait émerger en vérité ma liberté singulière. «La découverte que réalise celui qui est assidu à la Lectio Divina, précise Enzo Bianchi, est celle d’être lu par la page biblique bien mieux, plus profondément et plus complètement, que lui-même ne lit la page biblique», Enzo Bianchi, « Les difficultés de la lectio divina », Revue La vie spirituelle, décembre 2001, 81ème année, N° 741, tome 155, p. 595-604. Au cœur du message universel, le Maître intérieur nous adresse un message personnel et unique qu’il revient à chacun d’individualiser, d’intérioriser.

«Sachez être contents de ce que pouvez comprendre, disait le Staretz Macaire, et tâchez de le mettre à l’œuvre ; alors ce qui demeurait caché se révélera à votre esprit».
La Parole n’est pas d’abord destinée à nous informer sur Dieu ; elle veut avant tout, nous transformer selon la forme du Christ. «Lire, écrit Nicole Fabre, ce n’est pas d’abord vouloir comprendre, mais consentir à être transformé, engendré par la Parole de Celui qui se révèle. Dire cela, c’est aussi dire que la vérité de cette parole n’est ni dans la lettre, ni dans l’expérience que nous en faisons, mais reste à jamais dans la personne même du Fils».

Toute vie ainsi renouvelée appelle à une action conforme, c’est-à-dire une conversion de l’agir :
«Une vie bonne, conduite à partir des commandements de Dieu, dit encore Augustin, est comme un stylet écrivant dans le cœur ce qu’on entend. Si l’on écrivait dans la cire cela s’effacerait facilement : écrivez-le dans vos cœurs, par votre manière de vivre, et jamais cela ne s’effacera», Augustin, En. In Ps 93,30.

Joseph-Marie Verlinde, Initiation à la Lectio Divina, Parole et silence, 198-199.

vendredi 22 août 2008

La lectio est une lecture de Dieu

« La Parole vit en nous, elle s’enrichit de résonances et d’harmoniques provenant des autres passages déjà mémorisés, et dans cette communion qui s’établit entre elle et nous, la symphonie divine de la Parole alimente notre propre substance de la substance même du texte : « C'est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l'avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, ainsi se comporte ma parole du moment qu'elle sort de ma bouche: elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l'avais envoyée », Isaïe 55,10-11.

L’homme devient semblable à ce qu’il regarde, devient ce qu’il contemple ou ce qu’il fréquente. La lectio est une lecture de Dieu avec des yeux d’épouse et un cœur d’Eglise ; une lecture transformante qui nous évangélise et nous convertit. C’est dans la mesure où l’âme s’occupe des choses spirituelles que ses préoccupations deviennent spirituelles et divines. Voilà pourquoi la pratique de la lectio divina devrait tenir une si large place dans la vie du chrétien » : « Ces paroles que je vous dis, mettez-les dans votre cœur et dans votre âme, attachez-les à votre main comme un signe, à votre front comme un bandeau », Dt 11,18.

Joseph-Marie Verlinde, Initiation à la Lectio Divina, Parole et silence, 2002,202.

jeudi 7 août 2008

La Parole de Dieu, source inépuisable

La Parole de Dieu est un arbre de vie

« Vous scrutez les Ecritures…; or ce sont elles qui me rendent témoignage », Jn 5,39.

“Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles Seigneur ?
Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à la source.
Les perspectives de ta Parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l’étudient.

Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puissent contempler ce qu'il aime.
Dans sa Parole, il a caché tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite.

La Parole de Dieu est un arbre de vie, qui de tous côtés, te présente des fruits bénis ; elle est comme ce rocher qui s'est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle, 1 Co 10,3 ; Ex, 17,1s.

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu'il y a seulement dans la Parole de Dieu ce qu'il y trouve. Il doit comprendre, au contraire, qu'il a été capable d'y découvrir une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par sa Parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie : incapable de l'épuiser, qu'il rende grâce pour sa richesse.

Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de ne pouvoir épuiser la source.
Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source.
Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part: mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères.
N'aies donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d'un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois, et ne renonce pas par négligence à ce que tu es capable d'absorber peu à peu”.

Saint Ephrem, 4ème siècle

jeudi 31 juillet 2008

Préparez les voies du Seigneur, Guerric d'Igny 1080-1157

L'abbaye cistercienne de Notre-Dame d'Igny, au diocèse de Reims, possède les reliques du Bienheureux Guerric, qui fut le second abbé de ce monastère fondé pour des moines par saint Bernard en 1128.

Qui était-il? Né à Tournai vers 1080 Guerric, avant d'être cistercien, fut assez longtemps "enseignant" à l'école cathédrale de sa ville. Il était devenu écolâtre, selon le vocabulaire de l’époque, dans cette école où lui-même avait été formé. S'il n'était pas "exégète" au sens où nous l'entendons aujourd'hui, il avait une connaissance approfondie de l'Ecriture Sainte. Il menait une vie retirée dans une maison proche de l'église, dont il ne sortait que pour aller retrouver ses élèves. Cependant vers 1125, ayant entendu parler du jeune abbé de Clairvaux, Bernard, il alla lui rendre visite. Et c'est ainsi que, sur le conseil de celui-ci, il entra au noviciat et devint son disciple âgé de plus de quarante ans. Nous ne savons pas grand chose de sa vie à Clairvaux. Par des bribes de lettres de saint Bernard et par quelques récits plus ou moins légendaires provenant de ses contemporains, nous savons qu'il fut un moine exemplaire, d'une grande pureté de vie et d'une grande humilité. Il demeura à Clairvaux jusqu'en 1138, date à laquelle il fut élu abbé d'Igny. Il atteignait alors la soixantaine. Sa mauvaise santé l'empêchait souvent de suivre la vie commune, ce dont il se plaignait auprès de ses frères. Cela n'empêcha pas l’abbaye de prospérer sous son gouvernement et de faire une seconde fondation en 1148, la première ayant eu lieu au temps de son prédécesseur. Surtout Guerric enseignait ses moines. Nous avons encore de lui 54 sermons pour l'année liturgique qui nous permettent de connaître sa riche et profonde spiritualité. Nous en relèverons deux traits dominants. D'abord elle tend à reproduire dans les âmes la vie de Jésus; le Christ en croix est le modèle de notre vie crucifiée et sa résurrection est cause et modèle de la nôtre. Puis nous avons à partager avec Marie sa maternité par rapport au Christ; elle désire former en nous son Fils unique et nous donner ainsi naissance jour après jour.La parole que Guerric adressait à ses moines est encore valable pour nous. Nous pouvons lui demander de nous en instruire et de nous aider à la faire passer dans nos vies. Guerric est mort au milieu de ses frères le 19 août 1157 après dix-neuf ans d'abbatiat. En 1889 la Sacrée Congrégation des Rites a concédé au monastère d'Igny et à tout le diocèse de Reims l'autorisation de célébrer l'office liturgique du Bienheureux Guerric.


"Préparez le chemin du Seigneur. Le chemin du Seigneur, frères, qu'il nous est demandé de préparer se prépare en marchant. On y marche dans la mesure où on le prépare. Même si vous vous êtes beaucoup avancés sur ce chemin, il vous reste toujours à le préparer, afin que, du point où vous êtes parvenus, vous soyez toujours tendus au-delà. Voilà comment, à chaque pas que vous faites, le Seigneur à qui vous préparez les voies vient au-devant de vous, toujours nouveau, toujours plus grand. Aussi est-ce avec raison que le juste prie ainsi : Enseigne-moi le chemin de tes volontés et je le chercherai toujours. On donne à ce chemin le nom de vie éternelle, peut-être parce que bien que la providence ait examiné le chemin de chacun et lui ait fixé un terme jusqu'où il puisse aller, cependant la bonté de celui vers lequel vous vous avancez n'a pas de terme."

Guerric d'Igny : Sermon V pour l'Avent, in Lectionnaire pour les dimanches et fêtes de Jean-René Bouchet, Cerf, 1994, pp. 36-37.

mercredi 30 juillet 2008

Les trois critères de lecture de la Bible, selon Vatican II

Le Concile Vatican II indique trois critères pour une interprétation de l’Écriture conforme à l’Esprit qui l’a inspirée (cf. Dei Verbum 12, § 3). Le Catéchisme de l'Eglise catholique donne ces trois critères dans ses articles 112 à 114 :

112 1. Porter une grande attention " au contenu et à l’unité de toute l’Écriture ":
En effet, aussi différents que soient les livres qui la composent, l’Écriture est une en raison de l’unité du dessein de Dieu, dont le Christ Jésus est le centre et le cœur, ouvert depuis sa Pâque, (cf. Lc 24, 25-27. 44-46).
Le cœur (cf. Ps 22, 15) du Christ désigne la Sainte Écriture qui fait connaître le cœur du Christ. Ce cœur était fermé avant la Passion car l’Écriture était obscure. Mais l’Écriture a été ouverte après la Passion, car ceux qui désormais en ont l’intelligence considèrent et discernent de quelle manière les prophéties doivent être interprétées (cf. S. Thomas d’A., Psal. 21, 11).

113 2. Lire ensuite l’Écriture dans " la Tradition vivante de toute l’Église ":
Selon un adage des Pères, la Sainte Écriture se lit bien plus dans le cœur de l’Église que dans les moyens matériels de son expression. En effet, l’Église porte dans sa Tradition la mémoire vivante de la Parole de Dieu, et c’est l’Esprit Saint qui lui donne l’interprétation spirituelle de l’Écriture (" ... selon le sens spirituel dont l’Esprit gratifie l’Église " : Origène, hom. in Lev. 5, 5).

114 3. Être attentif " à l’analogie de la foi " (cf. Rm 12, 6) :
Par " analogie de la foi " nous entendons la cohésion des vérités de la foi entre elles et dans le projet total de la Révélation.

dimanche 27 juillet 2008

Le printemps de l'âme, Isaac le Syrien

Le froid de l’hiver cesse soudain et aussi inopinément qu’il a débuté ; à sa suite, c’est le printemps de l’âme qui éclôt :

Dieu permet que froidure et lourdeur surviennent à quelqu’un pour l'exercer et le mettre à l'épreuve, mais si celui-ci s'excite avec zèle et se force un peu pour rejeter ces sentiments, la grâce viendra sans tarder auprès de lui, telle qu'elle y était jadis, et une force différente viendra sur lui, qui porte cachée en elle tous les biens et des secours de toutes sortes. Il s'émerveillera d'une grande stupeur, en se rappelant la lourdeur d’avant et la légèreté et la force qui en ont maintenant triomphé. Il verra la différence avec son état présent, et comment un changement aussi important a pu se produire en lui aussi inopinément. Dès lors, il sera devenu sage, et si une telle lourdeur devait à nouveau s'emparer de lui, il la reconnaîtra à partir de l'expérience précédente.

Isaac décrit ensuite l'illumination spirituelle et l'exultation qui fait suite à cette période de ténèbres, à l'aide d'un vocabulaire haut en couleurs :

Il y a des moments où l'on est assis dans la quiétude... sans savoir par où entrer ou par où sortir. Mais après avoir longuement fréquenté l'Écriture, après avoir continuellement supplié et rendu grâces pour son état de faiblesse, et avoir fixé sans cesse son regard sur la grâce de Dieu, il arrive, qu'à partir de cette grande détresse vécue dans la quiétude, le coeur peu à peu s'élargit, que quelque chose se met à y germer qui fait naître une joie qui vient de l'intérieur, même si cette joie ne vient pas de la personne en question par un début d'activité de sa pensée. Elle se rend compte de ce que son coeur est dans la joie, mais elle ne sait pas pourquoi. Car une certaine exultation occupe maintenant son âme, dont l'allégresse donne de mépriser tout ce qui existe et tout le visible. À travers la force de cette allégresse, l'esprit voit où se trouve le fondement du ravissement de sa pensée, mais il ne saisit pas pourquoi cela lui arrive. Cette personne voit que son esprit est élevé au-dessus de tout contact avec les choses, et que, dans cette exaltation, il se trouve au-delà du monde..., mais elle ne discerne aucune extension de l'intellect lorsque son coeur danse de la sorte, ou que l’esprit est attiré hors de lui-même et qu’il ainsi provoqué.

Hilarion Alfeyev, L’univers spirituel d’Isaac Le Syrien, Spiritualité orientale, N° 76, Abbaye de Bellefontaine, 129.

jeudi 17 juillet 2008

Retraites de Lectio en 2008-2009 St Paul et St Marc

Voir le texte au 18 novembre 2008

mardi 15 juillet 2008

La lectio, expérience de dialogue avec Dieu, Isaac le Syrien, 7ème siècle

Isaac parle souvent de la lecture ou lectio et il nous en donne des descriptions. Ce terme vise d’abord la lecture de l’Ecriture, mais non pas exclusivement. Pour Isaac, comme pour toute la tradition monastique ancienne, cette lecture ne consiste pas tellement dans une étude du texte biblique dans un but intellectuel, mais plutôt dans un dialogue avec elle, une rencontre, une révélation reçue d’elle : le texte de la Bible est un moyen de faire l’expérience directe de dialogue avec Dieu, de le rencontrer mystiquement, de recueillir des intuitions sur la réalité profonde.
Isaac parle de la lecture de l’Ecriture comme du moyen le plus important de la transformation spirituelle.
Isaac donne quelques conseils sur la façon de lire l’Ecriture. La première «Persévère dans la lecture, pendant que tu demeures dans la quiétude, afin que ton intellect soit en tout temps attiré vers l’étonnement et la stupeur… » « Que ta lecture se fasse dans une quiétude que rien ne vient troubler ». La deuxième condition est le recueillement de l’esprit et l’absence de pensées venant de l’extérieur : « Sois libre de toute préoccupation concernant le corps et le tracas des affaires, afin que, par la douce compréhension du sens des Ecritures, qui surpasse tout sentiment, tu puisses en goûter la très douce saveur en ton âme… ». La troisième condition est de prier avant de commencer : « N’approche pas des paroles des mystères contenus dans les divines Ecritures, sans prier et sans supplier Dieu de t’aider, mais dis : « Seigneur, accorde-moi de ressentir la force qu’elles contiennent ! Tiens la prière pour la clé d’une vraie compréhension de la divine Ecriture ».
Lorsqu’un moine lit l’Ecriture, essayant de percevoir son contenu caché, sa compréhension s’accroît au fur à mesure de sa lecture, et le conduit par degrés à l’état de stupeur spirituelle.
Aux yeux d’Isaac, ce n’est pas le texte lu qui est tellement important, mais bien plutôt les intuitions spirituelles et mystiques que l’on peut recevoir à travers la lecture.
Lorsque la lecture est un moyen de fréquenter Dieu, elle conduit là où cesse l’activité humaine de l’esprit, quand celui-ci entre directement en contact avec Dieu.

Extrait, Hilarion Alfeyev, l’univers spirituel d’isaac le Syrien, spiritualité orientale, N° 76, abbaye de Bellefontaine. 207.

vendredi 11 juillet 2008

La Parole de Dieu est une semence, Gilbert de Hoyland vers 1110-1172

GILBERT DE HOYLAND (vers 1110-1172)

De nationalité anglaise, Gilbert fut abbé de Swineshead, abbaye bénédictine qui passa à l'Ordre de Cîteaux en 1147. Sa communauté est nombreuse, et Gilbert s'occupe également des moniales du voisinage. Il meurt en 1172 au monastère de Larivoir, près de Troyes (Aube).

Gilbert nous a laissé quelque traités, lettres et sermons, mais son oeuvre principale fut de poursuivre le "Commentaire du Cantique des Cantiques" que Bernard avait laissé inachevé en 1153. Aux 86 sermons de Bernard, il en ajouta 48 autres. Il laisse aussi 7 opuscules sur la prière, un bref sermon et 4 lettres.
Disciple fervent de Bernard, Gilbert en est un continuateur habile ; par son insistance sur l'amour, il reste bien dans le sillage de l'abbé de Clairvaux : il s'émerveille devant l'amour de Dieu qui est toujours premier et qui appelle notre réponse. À nous de nous laisser conformer au Christ progressivement. Pour lui, comme pour Bernard, l'expérience de la vie monastique doit conduire à l'expérience de Dieu ; elle est un moyen privilégié de connaissance immédiate de Dieu.

http://www.citeaux-abbaye.com

La Parole de Dieu est une semence

La parole s’envole
et rien ne peut la rappeler si l’Ecriture ne la fixe pas.
L’Ecriture la rend visible et durable ;
quand vous le voudrez, vous demanderez à la page,
le dépôt qui lui a été confié.

Le livre est un bon dépositaire,
il rend en entier tout ce qu’on lui a donné.
Lorsque cela vous plaira, vous le prendrez,
vous lirez où vous voudrez,
vous vous y arrêterez tout le temps qu’il vous plaira.

L’Ecriture répare la mémoire
et rétablit les souvenirs en représentant la Parole.
Vous lui confiez en toute assurance les remèdes de la Parole,
elle les conserve sans altération.
Si la Parole a la force de guérir lorsqu’elle est prononcée,
pourquoi ne l’aurait-elle point lorsqu’on la lit ?

Gilbert de Hoyland,
Sermon du Cantique des Cantiques, commenté par Saint Bernard, XLII,2.

samedi 5 juillet 2008

Commencer l’été avec les conseils de Lectio divina, Guillaume de Saint Thierry



À des heures déterminées, il faut vaquer à une lecture déterminée. Une lecture de rencontre, sans suite, trouvaille de hasard, bien loin d’édifier l’âme, la jette dans l’inconstance. Accueillie à la légère, elle disparaît de la mémoire plus légèrement encore. Au contraire, il faut s’attarder dans l’intimité de maîtres choisis et l’âme doit se familiariser avec eux. Les Écritures, en particulier, demandent à être lues et pareillement comprises, dans l’esprit qui les a dictées. Tu n’entreras jamais dans la pensée de Paul si, par l’attention suivie à le lire et l’application assidue à le méditer, tu ne t’imprègnes au préalable de son esprit. Jamais tu ne comprendras David, si ta propre expérience ne te revêt des sentiments exprimés par les psaumes. Ainsi des autres auteurs. Au reste, quel que soit le livre, l’étude et la lecture diffèrent autant l’une de l’autre que l’amitié de l’hospitalité, l’affection confraternelle d’un salut occasionnel. Il faut aussi chaque jour détacher quelque bouchée de la lecture quotidienne et la confier à l’estomac de la mémoire : un passage que l’on digère mieux et, qui, rappelé à la bouche, fera l’objet d’une fréquente rumination ; une pensée plus en rapport avec notre genre de vie, capable de soutenir l’attention, d’enchaîner l’âme et de la rendre insensible aux pensées étrangères. De la lecture suivie, il faut tirer d’affectueux élans, former une prière qui interrompe la lecture. Pareilles interruptions gênent moins l’âme qu’elles ne la ramènent aussitôt plus lucide à la compréhension du texte. La lecture est au service de l’intention. Si vraiment le lecteur cherche Dieu dans sa lecture, tout ce qu’il lit travaille avec lui et pour lui dans ce but et sa pensée rend captive ou asservit l’intelligence du texte en hommage au Christ. Mais s’il s’écarte de cette fin, son intention entraîne tout après elle. Il ne trouve alors rien de si saint, de si pieux dans les Écritures, qu’il n’arrive, par vaine gloire, perversion de sentiment ou dépravation d’esprit, à faire servir à sa malice et à sa vanité. C’est que la crainte du Seigneur doit être au principe de toute lecture des Ecritures : en elle s’affermit d’abord l’intention du lecteur ; de son sein jaillissent ensuite, harmonisés, l’intelligence et le sens du texte.
Lettre aux frères du Mont-Dieu, SC n° 223, p. 239-241.

mardi 10 juin 2008

Révélation de Dieu et Ecriture Sainte

L'Eglise en son Magistère a toujours enseigné que l'Ecriture Sainte (Ancien et Nouveau Testaments) était une Ecriture sacrée, c'est-à-dire inspirée à ses auteurs, par Dieu Lui-même en son Esprit Saint. Ainsi, pour l'Eglise, tous les textes de la Première Alliance sont une préparation, à travers autant d'auteurs inspirés, de la Révélation évangélique par le Christ lui-même dans la Nouvelle Alliance.

Pour les Pères de l'Eglise, la Bible est le Christ, car chacune de ses paroles nous met en sa présence :

"Que le soleil levant te trouve la Bible à la main". Cette exclamation d’Evagre exprime bien la tradition patristique… Les Pères de l’Eglise vivaient la Bible, pensaient et parlaient par la Bible, avec cette admirable pénétration qui va jusqu’à l’identification de leur être avec la substance biblique elle-même. Si on se met à leur école, on comprend rapidement que la Parole lue et entendue conduit toujours à la Personne vivante du Verbe. Saint Jean Chrysostome prie ainsi devant le livre Saint : "Seigneur Jésus Christ, ouvre les yeux de mon cœur afin de comprendre et d’accomplir ta volonté… illumine mes yeux par ta lumière". De même Saint Ephrem conseille : "Avant toute lecture, prie et supplie Dieu pour qu’il se révèle à toi". On pourrait dire que pour les Pères, la Bible est le Christ, car chacune de ses paroles nous met en sa présence :
«Lui, que je cherche dans les livres», confesse Saint Augustin...

Selon le Catéchisme de l'Eglise Catholique, l’Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle vénère aussi le Corps du Seigneur

Quant au catéchisme de l'Eglise catholique, voici comment il introduit l'article consacré à la Sainte Ecriture :
- 102 "A travers toutes les paroles de l’Écriture Sainte, Dieu ne dit qu’une seule Parole, son Verbe unique en qui Il se dit tout entier" (cf. Heb 1, 1-3) : "Rappelez-vous que c’est une même Parole de Dieu qui s’étend dans toutes les Écritures, que c’est un même Verbe qui résonne dans la bouche de tous les écrivains sacrés, lui qui, étant au commencement Dieu auprès de Dieu, n’y a pas besoin de syllabes parce qu’il n’y est pas soumis au temps" (St. Augustin, Psal. 103, 4, 1 : PL 37, 1378).
- 103 Pour cette raison, l’Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle vénère aussi le Corps du Seigneur. Elle ne cesse de présenter aux fidèles le Pain de vie pris sur la Table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ (cf. Dei Verbum 21)."

mis en ligne 10 juin 2008

mercredi 21 mai 2008

Si tu aspires à prier; Evagre le Pontique

Evagre le Pontique
Vitrail de Paris

La prière est un rejeton
de la douceur
et de l'absence
de la colère.

Évagre (345-399) naquit à Iborna, dans la région du Pont (actuelle Turquie), d'où son surnom de Ponticus, Pontique. Ordonné diacre par Grégoire de Naziance, il l'accompagne à Constantinople, à partir de 380.Puis il s'embarque pour Jérusalem, où il est accueilli dans le monastère fondé par Mélanie (l'Ancienne) et Rufin, au Mont des Oliviers. Ensuite il se retira en Egypte, où il devint le disciple de Macaire d'Alexandrie. Il gagnait sa vie en copiant des manuscrits.

Si tu aspires à prier, renonce à tout pour obtenir le tout.
Que tu pries avec des frères ou seul, tâche de prier non par habitude, mais avec sentiment.
Qui aime Dieu, converse toujours avec lui comme avec un père, se dépouillant de toute pensée passionnée.
Si tu veux prier, tu as besoin de Dieu qui donne la prière à celui qui prie. Invoque-te donc en disant : «Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, c'est-à-dire «que ton Esprit soit reconnu comme saint et que vienne ton Fils unique», car c'est ce qu'il a enseigné quand il a dit d'adorer le Père en “esprit et en vérité» Jn 4,23. Celui qui prie en esprit et en vérité ne glorifie plus le Créateur à partir des créatures, mais c'est de Dieu même qu'il loue Dieu.



Le Saint Esprit, compatissant à notre faiblesse, nous visite même si nous ne sommes pas encore purifiés. Pourvu seulement qu'il trouve notre intelligence priant avec sincérité, il survient alors en elle, il dissipe toute la phalange des raisonnements et des pensées qui l'assiègent, et il l'amène à l'amour de la prière spirituelle.
Si tu es théologien, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien.
Si tu aspires à prier, ne fais rien de tout ce qui est incompatible avec la prière, afin que Dieu s'approche et fasse route avec toi.
Ne te représente pas une figure de Dieu, quand tu pries, ni ne laisse ton intelligence subir l’impression d'aucune forme ; mais va à l’immatériel, et tu comprendras.
Si tu t'appliques à la prière, prépare-toi aux assauts des démons et supporte vaillamment leurs coups. Efforce-toi d'acquérir beaucoup d'humilité et de courage, et les insultes des démons ne toucheront pas ton âme. Nul fléau n'approchera de ta tente, parce qu'il donnera en ta faveur des ordres à ses anges pour qu'ils te gardent, Ps 91,10-11, et les anges chasseront invisiblement loin de toi toutes les entreprises hostiles.
Ne veuille pas que ce qui te concerne s'arrange selon tes idées, mais selon Le bon plaisir de Dieu. Alors tu seras sans trouble et plein de reconnaissance dans ta prière.
Fais tous tes efforts pour ne rien dire contre personne dans ta prière ; ce serait démolir ce que tu veux édifier et rendre ta prière abominable.
À un saint plein d'amour pour Dieu et de zèle pour la prière, survinrent, tandis qu'il marchait dans le désert, deux anges qui le prirent au milieu et cheminèrent avec lui, mais il ne fit pas attention à eux pour ne pas perdre ce qu'il y a de meilleur; car il se rappelait ce mot de l'apôtre : «Ni les anges, ni les principautés, ni les puissances ne pourront nous séparer de l'amour du Christ», Rm 8,38.

Si tu n'as pas encore reçu le charisme de la prière ou de la psalmodie, obstine-toi et tu recevras.
Lorsque dans ta prière tu seras parvenu au-dessus de toute autre joie, c'est alors qu'en toute vérité, tu auras trouvé la prière.

In Philocalie, Chapitres de la prière, fascicule 8, Abbaye de Bellefontaine, 1987, p. 52s, in Daniel Bourguet, l’Evangile médité par les Pères, Marc, Veillez et priez, éd. Olivétain, 133-134.

lundi 5 mai 2008

Saint Augustin, le Maître intérieur

Le Maître intérieur "L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous et vous n'avez pas besoin que quelqu'un vous enseigne, car son onction vous enseigne tout ", I Jean, II, 27. Le mystère de l'onction, c'est la vertu invisible, l'onction invisible, l'Esprit-Saint. [...] Que faisons-nous donc, frères, quand nous vous enseignons ? Si son onction vous enseigne toutes choses, alors nous travaillons pour rien ? Et pourquoi tant crier ? Il n'y a qu'à vous abandonner à son onction, et cette onction vous enseignera. [...] Voyez donc ce grand mystère, frères : le son de nos paroles frappe vos oreilles, le Maître est à l'intérieur. Ne pensez pas que l'on puisse apprendre quelque chose d'un homme. Nous pouvons attirer votre attention par le tapage de notre voix ; s'il n'y a pas au-dedans quelqu'un pour vous enseigner, ce tapage est inutile. Voulez-vous savoir, frères ? Est-ce que vous n'entendez pas tous ce sermon ? Et pourtant combien sortiront d'ici encore ignorants ? Autant qu'il est en moi, j'ai parlé à tous ; mais ceux à qui cette onction ne parle pas au dedans, ceux que l'Esprit-Saint n'enseigne pas au dedans, s'en retourneront ignorants. Les enseignements du maître à l'extérieur sont comme des auxiliaires, des avertissements. Mais celui qui enseigne les cœurs a sa chaire dans le ciel [...]. Qu'il vous parle lui-même au-dedans, quand personne n'est là ; car même si quelqu'un est à côté de toi, il n'y a personne dans ton cœur. Et qu'il n'y ait pas personne dans ton cœur, que le Christ soit en ton cœur, que son onction soit dans ton cœur, pour que tu n'aies pas dans ce désert le cœur assoiffé, sans avoir les sources qui puissent l'arroser.C'est le Maître intérieur qui enseigne, le Christ qui enseigne, son inspiration qui enseigne. Où ne sont pas son inspiration et son onction, inutile est le tapage des mots au dehors. Les mots que nous prononçons au dehors, frères, sont comme le jardinier devant l'arbre ; il travaille au dehors, il apporte de l'eau et tout le soin de son travail ; mais tout ce qu'il apporte ainsi du dehors, est-ce cela qui forme les fruits ? qui revêt de feuilles ombreuses la nudité du bois ? Est-ce qu'il fait à l'intérieur quelque chose de tel ? Mais qui agit ainsi ? Ecoutez le jardinier, l'Apôtre, et voyez ce que nous sommes, et écoutez le Maître intérieur : " J'ai planté, Apollos a arrosé ; mais Dieu a donné la croissance ; ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui donne la croissance". Voilà donc ce que nous vous disons ; que par notre parole nous plantions ou nous arrosions, nous ne sommes riens, mais c'est Dieu qui donne la croissance, c'est-à-dire c'est son onction qui vous enseigne toutes choses.



Extrait du Commentaire sur la I° Epître de saint Jean, tr. IV, ch. II, P.L. t. XXXV, trad. R.P. Camelot, in La Vie spirituelle, octobre 1946.
Cf :
http://spiritualite-chretienne.com

jeudi 3 avril 2008

Juillet - retraite lectio avec St Matthieu

La retraite est achevée

- voir le nouveau programme dans le blog pour l'année 2008-2009

lundi 3 mars 2008

Les Orantes de l'Assomption


Fondées en 1896 par Isabelle de Clermont Tonnerre et le Père Picard(Assomptionniste) comme un pôle de prière au sein des familles de l’Assomption, nous sommes 220 religieuses réparties en 24 communautés et 12 pays.
De spiritualité Augustinienne, les Orantes de l’Assomption cherchent à vivre en communauté ce conseil de St Augustin

d’ "avoir une seule âme et un seul coeur tournés vers Dieu". Mère Isabelle a voulu pour nous une vie donnée dans la prière, dans la vie fraternelle et l’attention aux besoins du temps et des personnes. Cela se vit différemment selon chaque époque et chaque pays.

Nous exprimons ainsi notre mission aujourd’hui

Nous désirons être disponibles devant Dieu, être là avec nos sœurs, être attentives à ceux qui nous entourent : nous cherchons à donner notre vie, à la « livrer» dans cette triple présence.
Nous vivons la prière, la vie fraternelle et l’attention aux besoins des personnes dans nos sociétés respectives, comme trois dimensions à conjuguer dans nos existences. Aussi, nous cherchons à les vivre dans une tension dynamique.

Etre là veut signifier une qualité de présence. Il s’agit d’habiter notre espace intérieur pour être présentes réellement et discrètement, en grande liberté.

Etre disponibles dans notre manière d’accueillir, d’écouter et de vivre le don de nous-mêmes, cela rend le cœur aimant et donne sens à ce que nous vivons dans l’instant. Il peut apparaître une « concurrence » de priorités entre le travail, les services que l’on nous demande, la prière quotidienne et chacun de nos souhaits personnels légitimes. L’unification de nos vies se fait au contact du Christ et simplifie progressivement la vie des disciples.

Nous cherchons à porter en tout un regard contemplatif

Il faut s’approcher pour découvrir d’autres visages dans le monde qui nous entoure, dans notre internationalité et dans nos précarités. Notre vie quotidienne est rythmée par l’oraison silencieuse du matin, la prière liturgique de l’office et l’adoration eucharistique. C’est là que nous puisons cet esprit d’adoration qui doit rayonner dans toutes les réalités de notre vie. Porter un regard contemplatif, c’est avoir ce regard bienveillant et réaliste de Jésus Christ qui ne s’arrête pas aux apparences, ce regard porteur de vie jusque dans l’épreuve. Il s’agit de déceler dans les événements et dans les personnes la trace du Dieu Vivant de Jésus Christ. Nos situations fragiles nous appellent à ne pas mettre notre sécurité en nous mêmes. C’est l’obéissance au réel qui donne sens et peut ouvrir de nouveaux chemins à l’Esprit à l’œuvre en nos vies.

(A partir des Actes du chapitre général de 2005)

La Lectio divina Lecture priante de la Parole de Dieu

Voir le texte au 18 novembre 2008